Le mouvement indépendantiste en Alberta, une affaire de vieux?
Une comparaison avec le Québec montre deux cohortes d’âge différentes en tête des mouvements indépendantistes..
Le mouvement indépendantiste en Alberta est principalement porté par des personnes âgées de 45 à 54 ans, selon un sondage de l’institut Janet Brown réalisé en 2026 pour le compte de CBC. Dans cette tranche d’âge, 35 % des Albertains soutiennent la sécession de la province. À l’inverse, les jeunes de 18 à 24 ans rejettent massivement cette idée, avec un taux de désapprobation de 81 %. D’autres sondages, comme ceux d’Angus Reid et de Léger, confirment cette tendance : seuls 15 % des jeunes Albertains sont favorables à l’indépendance, un chiffre stable depuis 2026. John Santos, analyste chez Janet Brown, suggère que ces jeunes n’ont pas encore pris position sur la question, ce qui pourrait évoluer avec le temps.
Au Québec, le mouvement indépendantiste est marqué par une forte présence des jeunes, notamment de la génération Z. Lors d’un rassemblement organisé par OUI Québec en juin 2026 au parc La Fontaine à Montréal, environ 12 000 participants étaient présents, dont une majorité de jeunes. Camille Goyette-Gingras, présidente de OUI Québec, est l’une des figures les plus âgées de cette organisation, avec 32 ans. Alex Valiquette, 25 ans, explique cet engagement par des facteurs comme la frustration face à l’avenir, l’isolement post-pandémique et une vision renouvelée de l’indépendance. Contrairement à leurs aînés, les jeunes Québécois ne ressentiraient pas la même humiliation liée à la défaite du référendum de 1995, où le non n’a gagné que par 1,16 point de pourcentage.
Les jeunes Albertains, comme Madison Holmes, 23 ans, expriment des craintes liées à l’indépendance, notamment celle d’être marginalisés s’ils affichent publiquement leur soutien. Malgré cela, des jeunes de 13 ou 14 ans participent aux rassemblements pro-sécession. En Alberta, le mouvement est moins structuré et moins visible que celui du Québec, où des organisations comme OUI Québec animent régulièrement des événements. Les jeunes Québécois, eux, sont motivés par des préoccupations environnementales, culturelles et linguistiques, comme la protection de la langue française. Ces enjeux les poussent à se réapproprier l’idée d’indépendance comme une solution à leurs inquiétudes pour l’avenir.
Au Québec, le soutien à l’indépendance est similaire dans toutes les tranches d’âge, selon un sondage Léger de 2026 : 31 % des 18-34 ans y sont favorables, contre 32 % des 35-54 ans et 29 % des 55 ans et plus. Cependant, un référendum n’est pas prévu à court terme, comme l’a indiqué le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, en août 2026. Il a écarté cette option, au moins jusqu’à la fin du mandat de Donald Trump à la présidence des États-Unis. En Alberta, la question de l’indépendance reste marginale, mais le référendum du 19 octobre 2026 sur la place de la province dans le Canada pourrait révéler l’intérêt réel des jeunes pour cette cause.

