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Généraliste

L’humanité échoue à protéger la vie sur Terre

Le Devoir · mis à jour il y a 4 h

Le déclin de la biodiversité menace plus que jamais notre avenir, prévient l’ONU dans un nouveau rapport..

Échec mondial

Quatre ans après la signature de l’accord Kunming-Montréal en 2022, un nouveau rapport de l’ONU révèle que l’humanité ne parvient pas à protéger la biodiversité, essentielle à sa survie. Cet accord, signé par 196 États, prévoyait 23 objectifs pour 2030, dont la protection de 30 % des milieux naturels terrestres et marins. Pourtant, à mi-parcours, aucune de ces cibles n’est en voie d’être atteinte. Les experts soulignent un manque d’ambition et d’actions concrètes, malgré les engagements pris. Le rapport, publié avant la COP17 (Conférence des Parties de la Convention sur la diversité biologique) qui se tient du 19 au 30 octobre en Arménie, décrit une situation alarmante : les lacunes sont importantes, notamment au niveau des mesures nationales. Les scientifiques rappellent que la biodiversité est le fondement de la vie, et que son déclin menace directement la santé des écosystèmes, des économies et des populations humaines.

Objectifs inatteignables

Parmi les 23 cibles fixées en 2022, plusieurs sont déjà hors de portée. Par exemple, l’objectif de protéger 30 % des milieux naturels terrestres et marins d’ici 2030 n’est pas réalisable : seulement 10 % des océans, pourtant cruciaux pour la vie marine et humaine, sont aujourd’hui protégés. Les autres objectifs, comme l’utilisation durable des ressources ou la réduction de la pollution, souffrent également de retards majeurs. Les experts notent que les actions prises par les États signataires restent insuffisantes, malgré leurs engagements internationaux. Le rapport souligne que sans une accélération rapide des efforts, les objectifs de 2030 et la vision pour 2050 ne pourront pas être atteints. Les subventions nuisibles à la biodiversité, comme celles accordées aux énergies fossiles, atteignent même 2 500 milliards de dollars par an, un montant bien supérieur aux investissements nécessaires pour la protection de la nature.

Financement insuffisant

Pour mettre en œuvre les 23 cibles de l’accord Kunming-Montréal, les experts estiment qu’un financement annuel de près de 200 milliards de dollars est nécessaire. Pourtant, les sommes disponibles ne dépassent pas 25 milliards de dollars, selon un rapport publié fin septembre par les organisations Campaign for Nature et Together for the Ocean. Ce manque de ressources financières freine considérablement les actions de préservation. À l’inverse, les États continuent de financer massivement des projets destructeurs pour la biodiversité, comme les énergies fossiles, avec des subventions dépassant les 2 500 milliards de dollars par an. Le Canada, par exemple, est cité comme un pays où le soutien à ces industries reste élevé. Sans un rééquilibrage urgent des budgets, la réalisation des objectifs devient impossible.

Exemple canadien

Le Canada illustre les retards dans la protection de la biodiversité. En 2017, des scientifiques ont recommandé de classer le caribou migrateur des régions nordiques du Québec comme une espèce « en voie de disparition ». Pourtant, Ottawa n’a toujours pas pris cette décision en 2024. Ce cas montre que même lorsque des mesures urgentes sont identifiées par la science, les États peinent à les appliquer. Le rapport de l’ONU souligne que les lacunes dans la mise en œuvre des engagements sont généralisées, et que les actions nationales restent insuffisantes pour inverser le déclin de la biodiversité. Les retards dans des cas comme celui du caribou reflètent un problème plus large : le manque de volonté politique et de moyens concrets pour protéger les espèces menacées.

Ce que ça pourrait changer

Face à ce constat d’échec, Inger Andersen, sous-secrétaire général de l’ONU et directrice exécutive du *Programme des Nations Unies pour l’environnement*, a insisté sur la nécessité d’agir rapidement. Elle a qualifié l’accord *Kunming-Montréal* de « feuille de route pour protéger la nature et rétablir la paix avec elle ». Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a rappelé que la biodiversité est le fondement de la vie sur Terre, et que sa préservation est essentielle pour la santé des écosystèmes, des économies et des populations. Le rapport de l’ONU est présenté comme un appel clair à l’action, soulignant que des progrès concrets sont nécessaires pour éviter un échec collectif. Les experts estiment qu’il est encore possible de se remettre sur la bonne voie, mais seulement si les États et les acteurs concernés intensifient leurs efforts dès maintenant.

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