L’humanité échoue à protéger la vie sur Terre
Quatre ans après l’adoption de l’accord de Kunming-Montréal, censé enrayer l’effondrement de la biodiversité, l’ONU dresse un bilan accablant : les engagements des États restent largement lettre morte. Entre retards structurels, financements insuffisants et subventions perverses, l’humanité semble incapable de traduire ses promesses en actions concrètes, au risque de compromettre les équilibres vitaux dont elle dépend. L’échec collectif interroge moins la pertinence des objectifs que la volonté politique réelle de les atteindre.
Quels sont les principaux objectifs fixés par l’accord de Kunming-Montréal en 2022 et où en est-on aujourd’hui ?
L’accord prévoyait 23 cibles pour 2030, dont la protection de 30 % des milieux naturels terrestres et marins, l’intégration de la biodiversité dans les politiques publiques, la réduction de la pollution et des financements destructeurs, ainsi qu’un investissement annuel de près de 200 milliards de dollars. Pourtant, à mi-parcours, aucune cible n’est en voie d’être atteinte : seulement 10 % des océans sont protégés, les financements disponibles n’atteignent pas 25 milliards de dollars, et les subventions nuisibles dépassent les 2 500 milliards par an.
Qui sont les acteurs clés pointés du doigt pour leur inaction et pourquoi ?
Les États signataires de l’accord sont directement visés, car leurs mesures nationales restent insuffisantes malgré leurs engagements internationaux. Le Canada est cité en exemple pour son soutien continu aux énergies fossiles, un secteur parmi les plus destructeurs pour la biodiversité. Les organisations comme Campaign for Nature et Together for the Ocean soulignent aussi l’écart entre les besoins financiers et les ressources allouées.
Quels mécanismes expliquent l’échec de la mise en œuvre des objectifs ?
L’échec s’explique par un double décalage : d’abord, entre les discours et les actes, avec des États qui privilégient des politiques court-termistes au détriment de la biodiversité ; ensuite, entre les besoins et les moyens, avec des financements publics bien inférieurs aux 200 milliards nécessaires, tandis que les subventions nuisibles (comme celles aux énergies fossiles) persistent à grande échelle.
Ce que ça pourrait changer
Si l’inaction persiste, les conséquences pourraient être irréversibles : effondrement d’écosystèmes essentiels à la survie humaine, aggravation des crises climatiques et sanitaires, et perte de résilience économique face aux chocs environnementaux. L’urgence n’est plus seulement écologique, mais aussi géopolitique, car la dégradation de la biodiversité menace la stabilité des sociétés. La COP17 en Arménie pourrait-elle marquer un tournant, ou ne sera-t-elle qu’un nouveau rendez-vous manqué ?

