« Mes filles n’arrivent pas à respirer » : des HLM en piètre état à Cowansville
Des enfants tomberaient malades en raison de moisissures dans des HLM de Cowansville..
Des locataires des habitations à loyer modique (HLM) de la Terrasse Bellerive à Cowansville, au Québec, dénoncent des problèmes persistants de moisissures dans leurs logements. Ces moisissures, causées par l’humidité et des infiltrations d’eau, affectent particulièrement la santé des enfants, provoquant des difficultés respiratoires et des problèmes de sommeil. Curtis MacMillan, locataire depuis 20 ans, témoigne que ses filles doivent parfois utiliser des pompes pour respirer et sont empêchées de dormir à cause de ces problèmes. Roxanne Drew, mère de cinq enfants, rapporte que ses enfants souffrent régulièrement de toux et de maladies liées à l’humidité et aux moisissures. Les immeubles, construits il y a plus de 60 ans, ont obtenu la pire note de vétusté (cote E) de la Société d’habitation du Québec (SHQ), un organisme public qui évalue l’état des logements sociaux au Québec.
Plusieurs locataires, dont Marielle Leclair et Breana Lynn Morin, décrivent des conditions de vie difficiles dans ces HLM. Marielle Leclair utilise du bicarbonate de soude pour masquer l’odeur de moisissure dans son appartement, tandis que Breana Lynn Morin, qui a grandi dans ce complexe, a mené une enquête informelle auprès de dix familles et constate que beaucoup d’enfants y tombent malades. Elle dénonce un manque de diligence de l’Office d’habitation (OH) Brome-Missisquoi, l’organisme public gestionnaire de ces logements, qu’elle accuse de ne pas traiter ces problèmes comme une priorité. Un employé anonyme de l’OH a confirmé à Radio-Canada que des travaux pour des murs affectés par des moisissures étaient reportés depuis des années.
Sophie Chagnon, directrice générale de l’OH Brome-Missisquoi depuis mai 2026, affirme qu’aucune donnée probante ne démontre un lien entre l’état des immeubles et des problèmes de santé chez les locataires. Elle reconnaît cependant l’état de vétusté avancé des bâtiments et annonce des travaux majeurs de démolition et de reconstruction prévus entre 2027 et 2030, avec un investissement de plusieurs millions de dollars. Ces travaux incluront des réparations de plomberie, de toiture et des relocalisations temporaires si nécessaire. Elle admet aussi un lien de confiance brisé avec les locataires et promet des mesures pour améliorer la communication, comme la création d’un comité consultatif de locataires et d’associations de locataires.
L’OH Brome-Missisquoi gère 497 logements à loyer modique répartis dans huit municipalités de la région de Brome-Missisquoi. Malgré les promesses de travaux, des critiques persistent. Marta Gomes, travailleuse de proximité pour un organisme communautaire, dénonce un manque de respect et de suivi de la part de l’OH, soulignant que les locataires, souvent vulnérables, ne sont pas traités comme des clients normaux. Elle note aussi des problèmes de communication et un déficit d’entretien. Sophie Chagnon reconnaît des enjeux de recrutement de personnel, avec plusieurs employés ayant quitté récemment, ce qui aggrave les difficultés opérationnelles de l’organisme.

