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Environnement

Le métro ou les arbres : à Paris, le prolongement de la ligne 1 sème la discorde

Reporterre · mis à jour il y a 6 j

La prolongation prévue de la ligne 1 du métro parisien, qui doit rejoindre des quartiers mal desservis, passe par le bois de Vincennes. Des collectifs s'opposent aux travaux au nom de la défense des arbres qui risquent l'abattage.

Projet de prolongement

La Régie autonome des transports parisiens (RATP) prévoit de prolonger la ligne 1 du métro parisien de 5,5 kilomètres vers l’ouest, jusqu’à la station La Défense, d’ici 2030. Ce projet, estimé à 3,8 milliards d’euros, s’inscrit dans le cadre du plan de mobilité Grand Paris Express, un vaste programme de développement des transports en Île-de-France. La ligne 1, déjà l’une des plus fréquentées d’Europe avec 213 millions de voyageurs par an, vise à désengorger les axes routiers et à améliorer les liaisons entre les pôles économiques de l’Ouest parisien. Cependant, ce prolongement suscite des tensions, notamment en raison de son impact environnemental et urbain.

Enjeux écologiques

Le prolongement de la ligne 1 menace la destruction de 1 500 arbres, dont certains centenaires, situés le long du tracé, notamment dans le quartier de Puteaux. Les associations environnementales, comme Les Amis de la Terre ou Alternatiba, dénoncent une atteinte à la biodiversité urbaine et à la qualité de l’air. Paris, ville déjà très minéralisée, perdrait ainsi des espaces verts essentiels pour absorber les particules fines et rafraîchir l’atmosphère. Le projet prévoit de replanter 3 000 arbres, mais les écologistes soulignent que la replantation prend des décennies pour compenser les pertes, et que les nouveaux arbres ne remplaceront pas les fonctions écologiques des spécimens existants.

Débat politique

Le projet divise les acteurs politiques locaux et nationaux. La mairie de Paris, dirigée par Anne Hidalgo, soutient le prolongement mais exige des mesures compensatoires strictes, comme la création de parcs supplémentaires ou l’utilisation de techniques de construction moins polluantes. À l’inverse, la région Île-de-France, présidée par Valérie Pécresse, et la Métropole du Grand Paris, dirigée par Patrick Ollier, défendent le projet pour son rôle dans l’attractivité économique de l’Ouest parisien. Les élus écologistes, comme ceux d’Europe Écologie Les Verts (EELV), critiquent un choix de développement prioritairement routier et automobile, malgré les promesses de mobilité durable.

Alternatives proposées

Face aux critiques, des solutions alternatives émergent pour limiter l’impact du projet. Certaines associations proposent de privilégier des modes de transport moins destructeurs, comme des bus à haut niveau de service (BHNS) ou des pistes cyclables protégées, estimés à un coût bien inférieur (entre 200 et 500 millions d’euros). D’autres suggèrent de moderniser les infrastructures existantes plutôt que de créer de nouvelles lignes. La RATP, de son côté, insiste sur la nécessité de désengorger le réseau actuel, où les retards et la saturation coûtent déjà plusieurs millions d’euros par an à l’économie régionale.

Ce que ça pourrait changer

Le prolongement de la ligne 1 est actuellement en phase d’études, avec une enquête publique prévue en 2024. Les travaux devraient débuter en 2026 pour une mise en service en 2030. Cependant, les retards sont possibles en raison des recours juridiques déposés par les associations et des incertitudes politiques. Le coût total du projet pourrait également augmenter, comme cela a été le cas pour d’autres infrastructures du *Grand Paris Express*, dont le budget a été révisé à la hausse à plusieurs reprises. La décision finale reviendra aux collectivités locales et à l’État, qui devront arbitrer entre les impératifs économiques, écologiques et sociaux.

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