A412 : la justice refuse de suspendre le chantier, les opposants restent mobilisés
Un recours contre les travaux de l'A412 a été rejeté par la justice le 15 octobre. Les opposants au projet, qui espéraient suspendre le chantier, affirment poursuivre leur lutte et pourraient se pourvoir devant le Conseil d'État.
L’A412 est un projet d’autoroute de 16,5 km en Haute-Savoie, reliant Machilly à Thonon-les-Bains. Il vise à raccorder cette route au réseau existant, mais suscite une forte opposition. Les opposants, dont des associations comme France Nature Environnement (FNE) 74 et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) de Haute-Savoie, dénoncent un projet jugé absurde et inutile. Ils soulignent qu’il doublerait la ligne ferroviaire du Léman Express, déjà en place, et contribuerait à augmenter le trafic routier ainsi que l’urbanisation dans une région déjà saturée. Le projet empiéterait sur 177 hectares, incluant des zones vitales pour des espèces protégées comme le castor ou l’œillet superbe, ainsi que de grandes zones humides.
Le 15 octobre 2026, la cour administrative d’appel de Lyon a rejeté un recours en référé-suspension déposé par FNE 74, une vingtaine d’associations et une quarantaine de riverains. Ce recours d’urgence visait à suspendre temporairement les travaux le temps d’examiner un recours au fond, dans un délai maximal de dix mois. Les opposants contestaient l’autorisation environnementale délivrée fin août 2026 par la préfecture de Haute-Savoie, estimant que l’étude d’impact était insuffisante. Le juge a jugé que la condition d’urgence n’était pas remplie et que les éléments de l’instruction ne remettaient pas en cause la légalité de l’arrêté préfectoral. La décision a été rendue en une journée, dès le lendemain de l’audience.
Malgré l’avancée rapide des travaux, les opposants estiment que suspendre le chantier reste crucial pour préserver certains écosystèmes. Selon leurs estimations, plus de 80 % des arbres du tracé ont déjà été abattus après un mois et demi de chantier. Les associations craignent que l’absence de suspension ne conduise à un fait accompli, rendant leur recours au fond inefficace. Elles soulignent que des services écosystémiques pourraient être irrémédiablement perdus si les travaux se poursuivent. L’avocat François Zind a insisté sur l’urgence d’interrompre le déboisement, le dessouchage (arrachage des souches) et le terrassement des zones humides pour éviter des dommages irréversibles.
Les associations et riverains, bien que déçus par la décision, refusent d’abandonner leur combat. Anne Lassman-Trappier, présidente de FNE 74, a déclaré que le jugement était très contestable et que la mobilisation se poursuivrait. Thibault Goutin, président de la LPO de Haute-Savoie, a critiqué une priorité donnée aux intérêts économiques au détriment de la biodiversité. Les opposants envisagent de se pourvoir devant le Conseil d’État dans un délai de quinze jours. Parallèlement, deux autres recours sont en cours : un recours au fond, prévu pour juin 2027, et un référé-suspension porté par Genève et plusieurs villes suisses, avec une audience prévue le 28 octobre 2026.
Le projet A412 se situe dans le Bas-Chablais, une région de Haute-Savoie proche de la frontière suisse. Le tracé traverse des zones naturelles sensibles, dont une *zone Natura 2000* à proximité. Cette zone est protégée au niveau européen pour sa biodiversité. Le projet menace également des espèces protégées comme le castor ou l’œillet superbe, ainsi que des écosystèmes humides. La région est déjà marquée par une forte urbanisation et une saturation des infrastructures routières, ce qui alimente les critiques contre ce projet routier.

