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On peut en faire des fromages ou des glaces mais alors pourquoi ne boit-on pas du lait de truie ?

Science & Vie · mis à jour il y a 4 j

On trait depuis des siècles les vaches, les chèvres ou les brebis, mais presque jamais les cochons. Pourtant, le lait de truie existe bien et sa composition n’explique pas son absence de nos tables.

Lait de truie existe

Le lait de truie est un produit réel, bien que rarement évoqué dans notre alimentation quotidienne. Contrairement à une idée reçue, les truies, comme les autres mammifères, produisent du lait pour nourrir leurs petits. Ce lait présente une composition nutritionnelle particulière, adaptée aux besoins des porcelets. Par exemple, il est plus riche en graisses et en protéines que le lait de vache, avec environ 6 à 7 % de matières grasses et 5 à 6 % de protéines, contre respectivement 3,5 à 4 % et 3 à 3,5 % pour le lait bovin. Cependant, cette composition n’explique pas pourquoi ce lait n’est pas consommé par les humains. Le véritable frein à son exploitation commerciale réside ailleurs, comme nous le verrons dans les points suivants.

Allaitement très bref

La principale raison pour laquelle le lait de truie n’est pas utilisé dans l’alimentation humaine tient à la durée extrêmement courte de l’allaitement chez les porcs. Contrairement aux vaches ou aux chèvres, dont les petits sont allaités pendant plusieurs mois, les porcelets ne tètent leur mère que pendant 3 à 4 semaines. Cette période est bien trop brève pour permettre une collecte significative de lait. De plus, les truies produisent moins de lait que les vaches : environ 7 à 10 litres par jour, contre 20 à 30 litres pour une vache laitière. Cette faible production, combinée à une durée d’allaitement réduite, rend la traite mécanisée quasi impossible, car elle nécessiterait une intervention humaine constante et intrusive.

Difficile à mécaniser

La traite des truies est un processus complexe qui ne se prête pas à la mécanisation, contrairement à celle des vaches ou des chèvres. Les truies sont des animaux stressés et agressifs, surtout lorsqu’on les approche de leurs mamelles. Leur morphologie, avec des trayons plus petits et moins accessibles, complique encore l’opération. Les tentatives de traite mécanique ont échoué en raison de la difficulté à maintenir les truies immobiles et à positionner correctement les machines. Même avec des méthodes manuelles, la collecte est inefficace et peu rentable. Cette impossibilité technique explique pourquoi, malgré des siècles d’élevage porcin, personne n’a réussi à industrialiser la production de lait de truie à grande échelle.

Pas de demande culturelle

En plus des obstacles techniques, le lait de truie ne bénéficie d’aucune tradition culinaire ou culturelle. Les sociétés humaines ont depuis toujours privilégié le lait des ruminants (vaches, chèvres, brebis) pour des raisons pratiques et historiques. Ces animaux sont plus faciles à traire, produisent davantage de lait et sont mieux adaptés à l’élevage intensif. Le lait de truie, en revanche, n’a jamais été intégré dans les pratiques alimentaires, même dans les régions où l’élevage porcin est dominant. Son goût, sa texture et son accessibilité limitée n’ont jamais suscité l’intérêt des consommateurs ou des producteurs, ce qui a contribué à son absence des tables.

Ce que ça pourrait changer

Bien que le lait de truie ne soit pas consommé directement par les humains, il trouve des applications indirectes. Par exemple, il est parfois utilisé en fromagerie ou en fabrication de glaces, comme le suggère le titre de l’article. Ces usages restent marginaux et expérimentaux, car les quantités disponibles sont trop faibles pour une production à grande échelle. D’autres pistes, comme l’utilisation en cosmétique ou en nutrition animale, ont été explorées, mais sans succès commercial notable. Ainsi, même si le lait de truie existe et possède des propriétés intéressantes, son exploitation reste limitée par des contraintes biologiques et économiques.

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