En regardant des images satellites, un archéologue découvre une forteresse géante qui pourrait être une capitale oubliée
Dans l'est de la Turquie, l'archéologue Melik Mirbey Ömeroğlu a repéré sur images satellites une forteresse de 12 hectares qui pourrait être Arzashkun, première capitale du royaume d'Urartu. The post En regardant des images satellites, un archéologue découvre une forteresse géante qui pourrait être une capitale oubliée appeared first on Science et vie..
En 2026, l’archéologue Melik Mirbey Ömeroğlu a identifié une forteresse de 120 000 m², soit environ 17 terrains de football, près du village de Mescidli, dans l’est de la Turquie. Cette découverte a été rendue possible grâce à l’analyse d’images satellites, qui ont révélé des structures régulières et des lignes de murs invisibles depuis le sol. Les vestiges, initialement confondus avec des rochers, ont été confirmés comme une enceinte fortifiée longue de 1,4 kilomètre après une vérification sur place. Cette forteresse pourrait être l’une des plus grandes connues dans la région pour cette période.
L’archéologue suggère que cette forteresse pourrait correspondre à Arzashkun, la première capitale du royaume d’Urartu, fondée par le roi Arame au début de l’âge du fer (vers le IXe siècle avant notre ère). Les preuves écrites de cette cité proviennent uniquement de textes assyriens, notamment ceux du roi Salmanazar III, qui mentionnent sa destruction en 856 avant notre ère. Aucune inscription locale n’a encore confirmé cette hypothèse, et des fouilles archéologiques sont nécessaires pour dater précisément le site et valider ce lien.
La forteresse présente des murs construits avec des blocs de pierre de grande taille, assemblés selon des techniques appelées appareil cyclopéen et polygonal. Ces méthodes, où les pierres sont ajustées sans mortier, sont caractéristiques de l’âge du fer et rappellent celles utilisées dans d’autres forteresses urartéennes comme Aşağı Anzaf et Zivistan. À l’intérieur du site, une structure circulaire d’environ 25 mètres de rayon intrigue les chercheurs, qui émettent l’hypothèse d’un système de gestion de l’eau, bien que cela reste à confirmer.
Le royaume d’Urartu, dont Arzashkun aurait été la première capitale, s’est développé entre le IXe et le VIe siècle avant notre ère dans l’est de l’Anatolie et sur les hauts plateaux arméniens. Ce royaume est connu pour ses forteresses, ses systèmes d’irrigation et ses centres administratifs. Après Arzashkun, la capitale fut déplacée à Tushpa, l’actuelle Van. Localiser cette cité perdue permettrait de mieux comprendre les origines et l’expansion de cet État, qui a joué un rôle clé dans la région avant d’être absorbé par l’Empire assyrien.
Plusieurs emplacements ont déjà été proposés pour Arzashkun, notamment près du lac de Van, à Malazgirt ou dans le bassin du lac d’Ourmia. La localisation à Mescidli s’accorde avec les routes anciennes et l’expansion du royaume vers l’ouest, mais elle ne suffit pas à elle seule à confirmer l’identité du site. Les chercheurs soulignent que la taille, la situation géographique et la maçonnerie ne sont pas des preuves suffisantes. D’autres candidats existent, et la question reste ouverte en attendant des fouilles approfondies.
Pour valider l’hypothèse d’Arzashkun, des fouilles archéologiques sont indispensables. Ces recherches permettront de dater le site avec précision et d’identifier des artefacts ou des inscriptions confirmant son rôle de capitale. En attendant, le site de Mescidli reste un candidat sérieux parmi d’autres, et son étude pourrait apporter de nouvelles lumières sur l’histoire ancienne de la région et du royaume d’Urartu.

