Rémunération ou dividendes en 2026 : ce que la hausse de la CSG change à l'arbitrage du dirigeant. Par Yassine El Jouaidi, Expert-comptable.
Le prélèvement forfaitaire unique n'est plus à 30 %. Depuis le 1er janvier 2026, la loi de financement de la Sécurité sociale a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,20 % à 10,60 %, ce qui fixe les prélèvements sociaux à 18,60 % et le PFU à 31,40 %.
En 2026, la Contribution Sociale Généralisée (CSG) augmente de 1,4 point pour financer la branche autonomie, passant de 9,20 % à 10,60 %. Cette hausse s’applique à de nombreux revenus du capital comme les dividendes, les plus-values mobilières ou les produits d’épargne salariale. Le taux global des prélèvements sociaux sur ces revenus passe ainsi de 30,00 % à 31,40 %, incluant la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) à 0,50 % et le Prélèvement de Solidarité à 7,50 %. Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) sur les revenus du capital reste fixé à 12,80 %, mais la hausse de la CSG réduit l’avantage fiscal des dividendes par rapport à la rémunération. La fraction de CSG déductible du revenu global reste à 6,80 %, mais les 3,8 points supplémentaires ne le sont pas.
Pour un euro de bénéfice distribué par une société soumise à l’Impôt sur les Sociétés (IS), le coût global en 2026 atteint environ 41,7 % avec un taux d’IS réduit à 15 % et 48,6 % avec un taux normal à 25 %, contre respectivement 40,5 % et 47,5 % en 2025. Cette hausse de 1,2 point s’explique par l’augmentation de la CSG. Les dividendes, prélevés sur un bénéfice déjà taxé, ne sont jamais déductibles du résultat imposable, contrairement à la rémunération qui est intégralement déductible. Le taux réduit d’IS à 15 % s’applique aux 42 500 premiers euros de bénéfice sous conditions : chiffre d’affaires inférieur à 10 millions d’euros, capital entièrement libéré et détenu à 75 % par des personnes physiques.
En SARL (Société à Responsabilité Limitée), les dividendes et intérêts de comptes courants excédant 10 % du capital social sont réintégrés dans l’assiette des cotisations sociales des travailleurs non salariés (TNS), comme les gérants majoritaires. Cette règle ne s’applique pas aux présidents de SAS (Société par Actions Simplifiée), dont les dividendes ne sont soumis qu’aux prélèvements sociaux. Cette asymétrie, régulièrement contestée, n’a pas été modifiée en 2026. Les cotisations sociales d’un TNS représentent environ 45 à 47 % du revenu net, contre 80 % pour un dirigeant assimilé salarié, mais ce dernier ne bénéficie pas de l’assurance chômage et doit cotiser même sans rémunération.
Depuis 2026, l’assiette des cotisations sociales des indépendants est unifiée autour du revenu professionnel brut, après un abattement forfaitaire de 26 %. Pour un gérant de société soumise à l’IS, ce revenu inclut la rémunération diminuée des frais professionnels et les dividendes réintégrés au-delà de 10 %. Cette réforme, neutre en trésorerie, augmente les droits à retraite mais nécessite de recalculer les simulations financières. Le plafond annuel de la Sécurité sociale est fixé à 48 060 euros en 2026.
Au-delà de 250 000 euros de revenu fiscal de référence, deux contributions s’ajoutent au PFU : la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (3 % ou 4 %) et la contribution différentielle (garantissant un taux minimum d’imposition de 20 %). Ces contributions réduisent l’avantage du PFU, portant le taux marginal sur les dividendes à 42-43 %, contre 31,40 % en régime normal. L’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu, globale et irrévocable, peut devenir intéressante, mais elle majore le revenu fiscal de référence et risque de déclencher ces contributions.
Les dividendes n’ouvrent aucun droit social (retraite, indemnités journalières, invalidité-décès), sauf pour la fraction réintégrée en SARL au-delà de 10 %. Une rémunération nulle prive un dirigeant assimilé salarié de couverture sociale et d’indemnisation en cas d’arrêt maladie. Les versements sur un *plan d’épargne retraite* (PER) ne sont déductibles que sur les revenus d’activité, ce qui exclut les dividendes. Enfin, l’*allocation des travailleurs indépendants* (26,30 euros par jour pendant 182 jours) nécessite des revenus d’activité supérieurs à 10 000 euros sur deux ans, excluant les dirigeants rémunérés uniquement en dividendes.

