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Géopolitique

Je me plains de courir partout, mais je panique dès que j’ai du temps libre

Courrier International · mis à jour il y a 14 j

Cette journaliste britannique décrit dans “The Guardian” une expérience quasi universelle : même lorsqu’on voudrait s’extirper de la course à la productivité, il nous est très difficile de rester oisifs quand l’occasion se présente. Et c’est bien dommage, explique-t-elle, avant de donner quelques pistes pour y remédier − sans se forcer..

La peur de l'oisiveté

L’auteure décrit un paradoxe courant : certaines personnes se plaignent constamment d’être débordées par leur rythme de vie effréné, mais ressentent une angoisse dès qu’un moment de calme se présente. Ce phénomène illustre une difficulté à gérer l’absence d’activités planifiées. Dans son exemple, un week-end pluvieux annule tous ses projets, la laissant sans occupation. Son premier réflexe est la panique, car elle n’a pas l’habitude de faire face à des périodes sans stimulation. Ce comportement peut s’expliquer par une dépendance à l’adrénaline générée par l’action constante, qui devient un moyen de masquer des émotions plus profondes ou une peur de l’introspection. L’auteure souligne que cette réaction n’est pas rare dans une société valorisant la productivité et l’occupation permanente.

Le réflexe de combler le vide

Face à l’absence d’activités prévues, l’auteure active un mécanisme de compensation en cherchant des tâches à accomplir, même sans utilité immédiate. Elle se met à ranger de manière désordonnée et à s’occuper de ses plantes, une activité qui lui permet de retrouver un sentiment de contrôle. Ce comportement révèle une tendance à transformer le temps libre en une nouvelle forme de travail, souvent plus anodine mais tout aussi chronophage. L’auteure invente même un service de lustrage de feuilles, une métaphore de la façon dont certaines personnes s’inventent des occupations pour éviter de faire face au vide. Ce réflexe peut être interprété comme une stratégie d’évitement, où l’action remplace la réflexion ou le repos authentique.

Le soulagement par le soin

En s’occupant de ses plantes, l’auteure expérimente une forme de réconfort inattendu. Elle décrit ce moment comme une douce envie de parfaire son nid, suggérant que le soin apporté à son environnement lui procure une satisfaction apaisante. Cette activité, bien que simple, lui permet de se reconnecter à une forme de présence et de patience, contrairement à son rythme habituel de précipitation. Le fait de nettoyer les feuilles mortes, d’arroser les plantes ou de préparer un service de lustrage devient une métaphore de la façon dont le soin peut transformer une période de vide en une expérience positive. Ce changement de perspective illustre comment des actions concrètes et attentionnées peuvent atténuer l’anxiété liée à l’oisiveté.

Le paradoxe du repos

L’auteure met en lumière un paradoxe central : dans une société où le repos est souvent présenté comme une récompense ou un idéal, beaucoup de personnes en viennent à redouter les moments de calme. Elle explique que l’agitation constante peut devenir une habitude, voire une addiction, car elle évite de faire face à des émotions ou à des pensées que l’on préfère ignorer. Le repos, lorsqu’il survient, est perçu comme une menace plutôt qu’un soulagement. Ce phénomène est d’autant plus marqué dans un contexte où la productivité et l’occupation permanente sont valorisées, comme c’est souvent le cas dans les sociétés occidentales. L’auteure suggère que cette peur du repos est un symptôme d’une société qui a perdu de vue l’importance de la lenteur et de la présence à soi.

Ce que ça pourrait changer

Pour lutter contre cette angoisse du temps libre, l’auteure propose une approche pragmatique : transformer le vide en une opportunité de soin ou de créativité. Dans son cas, s’occuper de ses plantes lui a permis de retrouver un équilibre entre action et détente. Cette solution s’inscrit dans une tendance plus large, comme celle évoquée dans l’article *Santé. “Votre médecin veut que vous fassiez la fête”*, où certains professionnels de santé prescrivent des activités sociales ou culturelles pour améliorer le bien-être mental. L’idée n’est pas de combler le temps libre par des tâches supplémentaires, mais de lui donner un sens positif, en privilégiant des activités qui apportent de la satisfaction sans pression. Cela peut passer par des loisirs, des projets personnels ou simplement par l’observation attentive de son environnement.

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