☕️ Windows OEM, Microsoft 365 : des hausses de prix qui tombent mal pour l’industrie PC
Les prix des ordinateurs n’en finissent plus de grimper en raison de la crise de la mémoire, mais voilà que Microsoft n’arrange pas la situation. Certains constructeurs de PC auraient en effet subi une hausse importante des frais de licence OEM pour Windows, selon le site taïwanais UDN.
Depuis juillet 2026, Microsoft a augmenté de manière significative les frais de licence OEM pour Windows, qui permettent aux fabricants de PC (comme ASUS, Acer, Dell, HP ou Lenovo) de vendre des ordinateurs équipés de ce système d'exploitation. Cette hausse, comprise entre 7% et 10%, est bien supérieure à la moyenne annuelle habituelle de quelques pourcents. Le coût de ces licences varie selon plusieurs critères : la taille du constructeur, le volume de ventes, le type de licence choisi, le marché cible ou encore le pays de commercialisation. Les grands fabricants peuvent négocier des remises en fonction de leurs volumes d'achat. Ces licences sont partiellement répercutées sur le prix final des PC, mais les constructeurs peuvent aussi absorber une partie de l'augmentation en réduisant leurs marges, déjà mises à rude épreuve par la crise des composants électroniques.
La hausse des prix des licences Windows s'ajoute à une crise plus large affectant l'industrie du PC : la flambée des coûts des mémoires RAM et des SSD (disques de stockage). Ces composants, essentiels au fonctionnement des ordinateurs, voient leurs prix multipliés par cinq en 18 mois, selon les analystes. Cette situation touche particulièrement les PC d'entrée de gamme, où les marges des fabricants sont déjà faibles. Par exemple, chez HP, la mémoire représente désormais plus d'un tiers du prix d'un PC, ce qui limite la capacité des constructeurs à absorber d'autres hausses de coûts sans répercuter ces augmentations sur les consommateurs.
En parallèle des licences Windows, Microsoft a également augmenté les tarifs de ses abonnements professionnels pour Microsoft 365 à partir du 1er juillet 2026. Ces hausses, comprises entre 8% et 33% selon les formules, concernent les offres destinées aux entreprises et au secteur public. Seule la formule Office 365 E1 reste stable à 10 dollars par mois. Pour le secteur public, les augmentations varient entre 5% et 13%, toujours sauf pour la formule E1. Ces relèvements s'inscrivent dans une stratégie globale de Microsoft pour augmenter ses revenus, alors que le marché du PC traverse une période difficile.
La combinaison de ces hausses de coûts a un impact direct sur le marché du PC. Selon Counterpoint Research, les livraisons mondiales de PC ont reculé de 4% au deuxième trimestre 2026, après cinq trimestres consécutifs de croissance. Seuls deux acteurs, ASUS (+4%) et Apple (+13%), ont enregistré des hausses de ventes. Cette baisse s'explique principalement par la hausse des prix des composants et des licences, qui rend les ordinateurs moins accessibles, notamment pour les consommateurs sensibles aux tarifs. Cependant, la demande dans le secteur professionnel devrait rester stable, portée par le renouvellement des parcs informatiques avant la fin du support de Windows 10 en octobre 2025.
Les hausses successives des licences Windows, des abonnements Microsoft 365 et des composants électroniques risquent de peser sur le pouvoir d'achat des consommateurs. Les constructeurs, déjà fragilisés par la crise des mémoires, n'ont pas d'autre choix que de répercuter ces coûts sur les prix finaux des PC. Cette situation rappelle celle des *smartphones* d'entrée de gamme, où les marges sont également squeezées par la hausse des prix des composants. Les consommateurs, surtout ceux recherchant des appareils abordables, pourraient donc voir leurs options se réduire, tandis que les fabricants devront faire des arbitrages pour maintenir leur rentabilité.

