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Les US désignent les hacktivistes d’Autistici/Inventati comme organisation terroriste

Next.ink · mis à jour il y a 1 h

Le collectif hacktiviste d’origine italienne Autistici/Inventati, qui fournit des services alternatifs d’hébergement et de messagerie, vient d’être désigné comme « organisation terroriste » par les États-Unis. Suivie du blocage de son nom de domaine en .org, la mesure vise à couper les moyens d’une initiative accusée d’outiller les mouvements d’ultragauche.

Sanction américaine inédite

Pour la première fois, les États-Unis ont classé une infrastructure numérique comme une organisation terroriste. Le 26 août 2026, l’administration Trump a désigné le collectif italien Autistici/Inventati (A/I) comme organisation terroriste mondiale spécialement désignée (SDGT, Specially Designated Global Terrorist), un statut créé après les attentats du 11 septembre 2001 pour sanctionner des entités soutenant le terrorisme. Cette décision est prise conjointement par le département d’État (dirigé par Marco Rubio) et le département du Trésor. A/I est accusé d’héberger 16 000 boîtes mail, 1 500 sites et 10 000 blogs utilisés par des réseaux d’extrême gauche violents pour organiser des actions transnationales. Les États-Unis justifient cette sanction par un décret exécutif de George W. Bush, qui permet de bloquer les ressources financières et techniques de ces organisations.

Conséquences immédiates

La désignation de SDGT entraîne des répercussions immédiates pour A/I. Dès le 28 août 2026, son compte PayPal est bloqué, ce qui l’empêche de recevoir des dons, et le nom de domaine autistici.org est suspendu par le registre .org (géré par PIR), bien que le site reste accessible via des manipulations techniques. A/I perd également l’accès à des services bancaires en Italie, où sa banque, Banca Etica, décide de rompre ses relations par crainte des sanctions américaines. Une période de wind down (liquidation) de 30 jours est accordée jusqu’au 25 septembre 2026 pour permettre aux acteurs financiers et techniques de couper tout lien avec A/I. L’OFAC (Office of Foreign Assets Control), une agence du Trésor américain, interdit désormais toute transaction commerciale avec le collectif.

Qui est Autistici/Inventati ?

A/I est un collectif italien né en 2002, se définissant comme un mouvement anti-fasciste, anti-raciste, anti-sexiste et anti-militariste. Il fournit des outils de communication non commerciaux et anonymes, comme des boîtes mail, des blogs (notamment noblogs.org), des messageries instantanées et des serveurs d’hébergement. Ses services sont réservés aux personnes partageant ses valeurs, et il revendique une technologie au service de la liberté d’expression et de l’activisme radical. A/I se présente comme un refuge pour les idées marginalisées, refusant toute censure préventive. Ses plateformes sont notamment utilisées par des collectifs antifascistes en Europe, dont certains documentent des mouvements d’extrême droite sans nécessairement organiser d’actions violentes.

Accusations américaines

Les États-Unis accusent A/I de soutenir directement des groupes terroristes d’extrême gauche. Selon le département d’État, des cellules anarchistes ayant saboté des réseaux ferroviaires en 2026 en France, Italie, Allemagne et Pays-Bas utilisaient ses infrastructures pour revendiquer leurs attaques. A/I aurait également fourni des services au collectif Rose City Antifa (Oregon), impliqué dans des attaques contre des hélicoptères des douanes et la diffusion d’appels à agresser des agents de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, police de l’immigration américaine). Le département d’État affirme que des médias d’extrême gauche utilisent aussi ses outils pour diffuser des appels à l’action de groupes comme le Hamas ou le Hezbollah, ainsi que des instructions pour fabriquer des engins explosifs. A/I dément ces allégations et dénonce une décision arbitraire.

Débat sur la responsabilité

Cette sanction soulève une question juridique et éthique : à quel moment un fournisseur de services techniques devient-il complice d’actions illégales ? A/I n’est pas accusé d’avoir commis des actes violents, mais de fournir des outils à des groupes qui en commettent. Cette logique pourrait, en théorie, s’appliquer à d’autres acteurs comme les hébergeurs, les services cloud ou les registres de noms de domaine. L’Electronic Frontier Foundation (EFF), une organisation de défense des libertés numériques, craint que cette décision ne menace la liberté d’expression et l’anonymat en ligne. A/I insiste sur son rôle de messager neutre, refusant de censurer les contenus a priori, et dénonce une tentative de censure politique de la part d’un gouvernement qu’il accuse de détourner l’attention de ses propres actes.

Ce que ça pourrait changer

A/I annonce qu’il ne reculera pas et continuera ses activités malgré les sanctions. Le collectif qualifie la décision américaine de *censure* et affirme que l’antifascisme et l’anticapitalisme ne sont pas des actes terroristes. Il appelle à la solidarité pour maintenir ses services en ligne, bien que certains de ses outils (comme les mails @autistici.org) soient déjà inopérants. La mesure illustre une tendance croissante des gouvernements à sanctionner les infrastructures numériques plutôt que les individus, une stratégie qui interroge sur l’équilibre entre sécurité et libertés fondamentales. Les observateurs soulignent que cette affaire pourrait servir de précédent pour d’autres désignations similaires à l’avenir.

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