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Si toute la glace de ce bassin en Antarctique venait à fondre, le niveau de la mer monterait de 3 à 4 mètres

Numerama · mis à jour il y a 5 j

Le bassin de Wilkes, en Antarctique, est gelé et en partie situé sous le niveau de la mer. Si toute sa glace venait à fondre en raison du changement climatique, le niveau global de la mer monterait de 3 à 4 mètres.

Un géant sous la glace

Le bassin de Wilkes, situé en Antarctique oriental, est une étendue de glace géante mesurant 1 400 kilomètres de long sur 400 kilomètres de large. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, une grande partie de ce bassin se trouve sous le niveau de la mer, à des profondeurs pouvant atteindre 2 000 mètres. Cette particularité en fait une zone particulièrement vulnérable : si toute sa glace fondait, le niveau global des mers augmenterait de 3 à 4 mètres. Cette situation n’est pas théorique : des preuves géologiques montrent que cela s’est déjà produit dans le passé, notamment lors du Pliocène, il y a trois millions d’années, lorsque les températures étaient seulement 2 à 3°C plus élevées qu’aujourd’hui. À l’époque, le niveau des mers avait grimpé de 6 à 23 mètres, transformant radicalement la géographie de l’Antarctique.

L’océan, menace silencieuse

Le danger pour le bassin de Wilkes ne vient pas seulement de l’air plus chaud, mais surtout de l’océan. Même si la température de l’eau autour de l’Antarctique est en moyenne de -1,8°C, une légère augmentation pourrait suffire à faire fondre la glace par en dessous. En effet, l’océan est en contact avec les bords du bassin, et si la glace recule, l’eau pourrait s’infiltrer plus profondément, accélérant encore le processus. Ce phénomène, appelé rétroaction positive, rend la fonte autoentretenue : plus la glace fond, plus l’océan a accès à de nouvelles surfaces à faire fondre. Les scientifiques craignent que cette dynamique ne devienne irréversible, avec des conséquences dramatiques pour les courants océaniques et le climat mondial.

Un passé qui nous alerte

Les archives géologiques révèlent que lors du Pliocène, une période chaude il y a trois millions d’années, la calotte glaciaire de l’Antarctique oriental s’est réduite de plusieurs centaines de kilomètres vers l’intérieur des terres. Les sédiments marins montrent que l’océan avait alors envahi des zones aujourd’hui recouvertes de glace. Les projections actuelles indiquent que la planète pourrait atteindre un réchauffement similaire d’ici la fin du siècle, ce qui rend le bassin de Wilkes particulièrement préoccupant. Les scientifiques estiment que la fonte de sa glace pourrait s’accélérer rapidement, mais ils ignorent encore à quelle vitesse ce processus se produira.

Un territoire inexploré

Le bassin de Wilkes est l’un des endroits les moins étudiés de la Terre, malgré sa proximité relative avec l’Australie. Son accès est rendu difficile par une banquise épaisse et compacte, qui bloque les navires à plus de 150 kilomètres des côtes. Les images satellites ne suffisent pas à percer les mystères de cette région, car elles ne traversent ni la glace ni les océans. Pour avancer, les scientifiques devront se rendre sur place, utiliser des robots pour cartographier les fonds marins et prélever des échantillons de sédiments. Ces données permettront de comprendre comment la glace a réagi par le passé à des périodes chaudes et d’anticiper son comportement futur.

Ce que ça pourrait changer

Les chercheurs pensaient autrefois que l’Antarctique mettrait des siècles à réagir au réchauffement climatique, mais les observations récentes montrent que les changements sont bien plus rapides. La glace fond plus vite, les glaciers reculent et les plateformes glaciaires, ces extensions flottantes de la calotte, fondent par en dessous. Pour étudier le bassin de Wilkes, une coopération internationale sera nécessaire, impliquant des expéditions en mer et sur terre. Les technologies modernes, comme les forages à plus de trois kilomètres de profondeur, pourraient fournir des indices cruciaux sur l’histoire de cette région. Sans une meilleure compréhension de ce géant de glace, il sera impossible de prévoir avec précision l’ampleur et la rapidité des montées des eaux futures.

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