Au moins 139 migrants morts et 84 portés disparus après un naufrage au large de Djibouti
L’embarcation, surchargée, transportait 305 personnes, en majorité éthiopiennes..
Un naufrage survenu entre le 8 et le 9 octobre 2026 au large de Djibouti a causé la mort d’au moins 139 migrants et 84 autres sont portés disparus. L’embarcation, surchargée avec 305 personnes à bord, a chaviré près de Guhere, au nord de la ville d’Obock. La majorité des victimes et des rescapérés étaient des Éthiopiens, selon les informations de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), une agence de l’ONU. Ce drame illustre la dangerosité extrême de la route de l’Est, une voie maritime reliant la Corne de l’Afrique au Yémen via Djibouti et le détroit de Bab el-Mandeb. Les survivants ont rapporté que le bateau, déjà instable avant le départ, a commencé à chavirer dès que les passagers sont montés à bord.
La route de l’Est est l’une des routes migratoires les plus dangereuses au monde. Chaque année, des dizaines de milliers de migrants l’empruntent dans l’espoir de rejoindre les pays du Golfe, où ils espèrent trouver de meilleures opportunités économiques. Malgré la reprise des combats au Yémen en septembre 2026 entre les rebelles Houthis et les forces pro-gouvernementales, plus de 20 000 Éthiopiens sont arrivés à Djibouti depuis le 10 septembre de cette même année. Un groupe de 150 migrants, déjà refoulé du Yémen, avait tenté une nouvelle traversée après avoir été renvoyé. Les tensions persistent dans la région du Tigré, en Éthiopie, où des combats ont repris en septembre 2026 entre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et l’armée fédérale, poussant certains à fuir vers des horizons plus stables.
Le bilan du naufrage s’est alourdi au fil des heures : 139 morts ont été confirmés, tandis que 84 personnes restent portées disparues. Plus de 80 rescapés, tous éthiopiens, ont été secourus. L’OIM a indiqué avoir porté assistance à 64 d’entre eux dans son centre d’aide aux migrants d’Obock, en leur offrant des soins médicaux, un hébergement temporaire et une aide alimentaire. Les autorités djiboutiennes ont continué les opérations de recherche pour tenter de retrouver les disparus. En 2025, l’OIM avait recensé plus de 900 morts ou disparus sur cette route, ce qui en avait fait l’année la plus meurtrière jamais enregistrée. Entre janvier et octobre 2026, environ 178 000 Éthiopiens sont arrivés à Djibouti, soit une augmentation de 18 % par rapport à l’année précédente.
Amy Pope, directrice générale de l’OIM, a réagi avec fermeté en déclarant que ces morts ne devaient plus être considérées comme normales. Elle a appelé les gouvernements et les bailleurs de fonds à agir pour éviter de nouveaux naufrages, soulignant l’importance de mettre en place des *voies de migration sûres et légales*. De son côté, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé sa profonde tristesse face à cette tragédie. Il a insisté sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière, de lutter contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains, et de promouvoir une migration *sûre, ordonnée et régulière*. Ces déclarations reflètent l’urgence d’une réponse coordonnée pour protéger les migrants vulnérables.

