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GÉNÉRALISTE

Au moins 139 migrants morts et 84 portés disparus après un naufrage au large de Djibouti

Source unique·il y a 4 j

Le naufrage d’une embarcation surchargée au large de Djibouti, qui a causé la mort d’au moins 139 migrants et laissé 84 personnes disparues, illustre l’échec persistant des États à sécuriser une route migratoire parmi les plus meurtrières au monde. Cette tragédie, survenue dans un contexte de reprise des combats au Yémen et de crise humanitaire en Éthiopie, révèle l’urgence d’une réponse coordonnée face à l’exode vers les pays du Golfe, où les migrants espèrent des opportunités économiques malgré les risques extrêmes.

Pourquoi la « route de l’Est » est-elle considérée comme l’une des voies migratoires les plus dangereuses au monde ?

La « route de l’Est » relie la Corne de l’Afrique au Yémen via Djibouti et le détroit de Bab el-Mandeb, un passage stratégique mais étroit et infesté de dangers naturels et humains. Les embarcations, souvent surchargées et mal équipées, chavirent fréquemment près des côtes ou en haute mer, tandis que les migrants sont exposés aux violences, aux trafics et aux conditions climatiques extrêmes. En 2025, plus de 900 migrants y ont trouvé la mort ou disparu, un bilan qui en fait la route migratoire la plus meurtrière au monde.

Quels facteurs expliquent la persistance de cette migration malgré les risques et les naufrages répétés ?

Malgré les dangers, des milliers de migrants, principalement éthiopiens, continuent d’emprunter cette route dans l’espoir d’atteindre les pays du Golfe, où les opportunités économiques sont perçues comme supérieures à celles de leur pays d’origine. La reprise des combats au Yémen et l’instabilité en Éthiopie, notamment dans la région du Tigré, poussent davantage de personnes à fuir, même après des tentatives avortées. Certains migrants, refoulés du Yémen, tentent à nouveau leur chance, illustrant l’absence d’alternatives sûres.

Quelles actions concrètes sont envisagées par les acteurs internationaux pour limiter ces drames ?

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et la Commission de l’Union africaine appellent à la création de voies de migration sûres et légales pour éviter ces traversées mortelles, ainsi qu’à une lutte renforcée contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains. Amy Pope, directrice générale de l’OIM, insiste sur la nécessité d’une mobilisation des gouvernements et des bailleurs de fonds pour prévenir de nouveaux naufrages, sans préciser de mesures immédiates.

Ce que ça pourrait changer

Ce drame pourrait accélérer les pressions sur les États de la région et les organisations internationales pour instaurer des mécanismes de protection des migrants, notamment en ouvrant des corridors humanitaires ou en renforçant les contrôles sur les passeurs. À plus long terme, la répétition de ces naufrages risque d’alimenter les débats sur la responsabilité des pays de destination du Golfe, souvent critiqués pour leur manque d’engagement dans la résolution des crises migratoires. La question de l’accueil des réfugiés et des migrants économiques reste donc un enjeu géopolitique majeur, susceptible de redéfinir les politiques migratoires en Afrique de l’Est.

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