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Généraliste

Féministe, Fréchette veut donner la priorité aux «femmes québécoises» dans certains services

Le Devoir · mis à jour il y a 18 j

La mesure toucherait notamment les CPE, affectant par ricochet les demandeurs d’asile et les immigrants temporaires..

Priorité aux Québécoises

Christine Fréchette, cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) et candidate aux élections de 2026, propose de donner la priorité aux femmes québécoises pour l’accès à certains services publics. Cette mesure vise notamment les places en services de garde subventionnés (CPE), l’allocation de logement et le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP). L’objectif affiché est de faire respecter la capacité d’accueil du Québec, en réservant ces services en priorité aux citoyens et résidents permanents. Fréchette justifie cette décision par un souci de justice sociale, affirmant que cela permettra aux femmes québécoises d’accéder plus rapidement à ces services. Elle précise que les demandeurs d’asile et les immigrants temporaires ne seraient pas exclus, mais placés après les Québécoises et résidentes permanentes dans les listes d’attente.

Services concernés

Trois services publics sont directement visés par cette proposition. D’abord, les services de garde subventionnés (CPE), où les listes d’attente seraient réorganisées pour privilégier les Québécoises et résidentes permanentes. Ensuite, l’allocation de logement, une aide financière destinée aux personnes à faible revenu pour payer leur loyer. Enfin, le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP), qui offre des prestations aux parents après une naissance. Actuellement, pour y avoir droit, une personne doit avoir gagné au moins 2 000 $ en une année. La CAQ souhaite augmenter ce seuil pour les immigrants temporaires, les obligeant à gagner davantage pour y accéder. Ces mesures s’inscrivent dans une volonté de limiter l’accès aux prestations sociales pour certains groupes, tout en maintenant leur disponibilité pour les résidents permanents.

Contexte juridique

En mars 2024, la Cour suprême du Canada a jugé discriminatoire l’exclusion des demandeurs d’asile des garderies subventionnées au Québec. Cette décision a poussé le gouvernement à revoir sa position. Plutôt que d’interdire totalement l’accès aux CPE pour les demandeurs d’asile, la CAQ propose désormais de modifier l’ordre de priorité dans les listes d’attente. Ainsi, les citoyens et résidents permanents seraient placés devant les demandeurs d’asile et les immigrants temporaires, sans pour autant les exclure. Fréchette reconnaît que l’impact exact de cette mesure sur les places en garderies reste inconnu. Le Québec compte actuellement 5 160 demandeurs d’asile âgés de cinq ans et moins, mais on ignore combien fréquentent une garderie.

Réactions et débats

Cette proposition s’inscrit dans un débat plus large sur l’immigration et l’accès aux services sociaux au Québec. La CAQ n’est pas la seule à défendre cette approche : les conservateurs proposent également de réduire les prestations d’aide sociale de 25 % pour rendre le Québec moins attractif pour les demandeurs d’asile. Par ailleurs, la cheffe de la CAQ a réaffirmé son intention de faire adopter une Constitution du Québec, un projet controversé porté précédemment par le ministre Simon Jolin-Barrette. Ce texte, surnommé projet de loi 1, avait suscité une forte opposition, notamment de la part du Barreau, des groupes de femmes et du Collège des médecins, qui craignaient une atteinte aux droits, comme l’accès à l’avortement. Fréchette affirme que ce projet est nécessaire pour affirmer l’identité québécoise et que l’appui d’un seul autre parti suffirait à son adoption.

Ce que ça pourrait changer

Christine Fréchette se présente comme une **féministe assumée** et défend une politique de priorité aux Québécoises, qu’elle présente comme une mesure de justice sociale. Elle souligne que cette approche vise à protéger les services publics pour ceux qui contribuent à la société québécoise, tout en maintenant un filet social pour les autres. La CAQ, dirigée par François Legault, mise sur un discours nationaliste et une volonté de réduire l’attractivité du Québec pour certains immigrants, tout en renforçant les droits des résidents permanents. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de *Québécois d’abord*, où la priorité est donnée aux citoyens et résidents de longue date. Les élections de 2026 serviront de test pour cette politique.

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