Féministe, Fréchette veut donner la priorité aux «femmes québécoises» dans certains services
La cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, propose de réserver l’accès prioritaire à certains services publics québécois aux femmes québécoises et aux résidents permanents, une mesure qui s’inscrit dans une logique de restriction ciblée des prestations sociales. Cette annonce, faite en pleine campagne électorale pour 2026, soulève des questions sur les fondements juridiques, éthiques et politiques d’une telle priorisation, alors que les tribunaux ont déjà sanctionné des exclusions similaires comme discriminatoires.
Quels services publics seraient concernés par la priorité accordée aux femmes québécoises et aux résidents permanents selon Fréchette ?
Christine Fréchette cible trois dispositifs : l’allocation de logement pour les ménages à bas revenu, le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) et les services de garde subventionnés (CPE). Pour ces derniers, la priorité serait instaurée via une modification de l’ordre des listes d’attente, sans pour autant exclure explicitement les demandeurs d’asile ou les immigrants temporaires.
Comment la CAQ justifie-t-elle cette mesure face aux critiques sur son caractère discriminatoire ?
Fréchette invoque la nécessité de « faire respecter la capacité d’accueil du Québec » et de « donner la priorité aux femmes québécoises », tout en contournant les objections juridiques. Elle précise que la modification ne rejette pas les demandeurs d’asile, mais réorganise leur position dans les listes d’attente, une approche présentée comme une alternative à l’exclusion pure et simple, jugée illégale par la Cour suprême en mars 2024.
Quel est le lien entre cette annonce et le projet de Constitution du Québec porté par la CAQ ?
Christine Fréchette et son parti font du projet de Constitution du Québec un projet de loi 1 prioritaire pour un éventuel gouvernement caquiste, malgré les controverses passées. Ce texte, initialement critiqué pour ses dispositions sur l’avortement et les contestations judiciaires, avait été amendé sans convaincre l’opposition. La cheffe de la CAQ estime que ce projet incarne une « loi des lois » nécessaire pour affirmer l’autonomie du Québec, malgré l’absence de consensus politique.
Quels sont les éléments non précisés ou les zones d’ombre dans cette proposition ?
La CAQ ignore l’impact concret de sa mesure sur l’accès aux places en garderies, notamment le nombre exact de demandeurs d’asile de moins de cinq ans fréquentant les CPE. De plus, le seuil de revenus pour l’accès au RQAP par les immigrants temporaires reste flou : Fréchette évoque un rehaussement du minimum requis (actuellement 2000$ par an), sans préciser le nouveau montant ni les modalités d’application.
Ce que ça pourrait changer
Cette proposition pourrait exacerber les tensions autour de l’intégration et de l’accès aux droits sociaux, en particulier pour les populations migrantes, déjà fragilisées par des politiques restrictives. Elle risque aussi de polariser le débat sur la préférence nationale, un thème récurrent dans la stratégie électorale de la CAQ, tout en testant la résilience des garde-fous juridiques contre les discriminations systémiques. Enfin, le retour en force du projet de Constitution pourrait relancer les controverses sur l’équilibre entre souveraineté et droits fondamentaux.

