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Géopolitique

Les producteurs européens s’attendent à une chute de 25 % de la production de pommes de terre

Le Grand Continent · mis à jour il y a 6 j

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Baisse record des pommes de terre

Les producteurs européens de pommes de terre s’attendent à une chute de 25 % de leur production en 2026 par rapport à 2025. Cette baisse s’explique par deux facteurs principaux : une réduction des surfaces cultivées et des conditions météorologiques extrêmes. En effet, les quatre principaux pays producteurs du nord-ouest de l’Europe (Allemagne, France, Belgique et Pays-Bas) ont planté 17 % de surfaces en moins en Belgique, 15 % aux Pays-Bas, 11 % en Allemagne et 10 % en France. Ces choix résultent d’un excès de production en 2025, qui avait provoqué un effondrement des prix. Par ailleurs, l’Europe a subi des sécheresses et des vagues de chaleur répétées pendant l’été 2026, un phénomène qualifié d’exceptionnel par la Commission européenne. Ces conditions ont directement affecté les rendements, avec une baisse de 21 % en Belgique, 13 % en France, 11 % en Grande-Bretagne et 10 % en Allemagne par rapport à la moyenne des cinq années précédentes.

Impact sur la Belgique

La Belgique, bien que ne représentant que 8,4 % de la production européenne totale de pommes de terre, est le premier exportateur mondial de frites surgelées. Le pays est donc particulièrement vulnérable à cette baisse de production. Les sécheresses ont limité la croissance des pommes de terre, notamment de la variété bintje, une référence historique pour les frites belges. Pour être transformées en frites industrielles, ces pommes de terre doivent atteindre un calibre minimal de 50 millimètres. Or, à la fin de l’été 2026, seulement la moitié de la récolte belge atteignait ce calibre exigé. Cette situation met sous tension le système de contrats qui structure le secteur en Belgique, où 90 % de la production est destinée à l’exportation. Bernard Lefèvre, président de l’Union nationale des frituristes, a souligné l’impact culturel et économique de cette crise en déclarant : « Mis à part une maladie dans la famille royale, pour le Belge, la deuxième nouvelle la plus terrible qui puisse y avoir, c’est que le cornet de frites augmente de prix ».

Conséquences économiques

La baisse de production de pommes de terre en Europe devrait entraîner une diminution des volumes disponibles pour la transformation industrielle, ce qui pourrait provoquer une hausse des prix des frites surgelées au-delà de la Belgique. Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large où d’autres cultures majeures en Europe sont également touchées par les conditions climatiques extrêmes. Selon le Centre commun de recherche de la Commission européenne, les rendements du soja devraient chuter de 15 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années, ceux de la betterave sucrière de 11 % et ceux du maïs fourrager de 14 %. Ces chiffres illustrent l’ampleur des perturbations agricoles en 2026, qui pourraient avoir des répercussions sur les prix alimentaires et la sécurité alimentaire en Europe. Les professionnels du secteur estiment que la récolte européenne de pommes de terre de consommation pourrait atteindre environ 20,7 millions de tonnes en 2026, soit le niveau le plus bas jamais enregistré dans l’Union européenne.

Ce que ça pourrait changer

Les vagues de chaleur et les sécheresses qui ont frappé l’Europe pendant l’été 2026 ont particulièrement affecté les cultures d’été, comme les pommes de terre, qui se trouvaient à des stades critiques de leur développement. Ces événements météorologiques extrêmes sont considérés comme exceptionnels par les experts, notamment par la Commission européenne, qui souligne leur impact dévastateur sur l’agriculture. Les rendements des cultures dépendent fortement des conditions climatiques, et les températures élevées ainsi que le manque d’eau ont réduit la croissance des tubercules. Cette situation rappelle l’importance de l’adaptation des pratiques agricoles aux changements climatiques, un enjeu majeur pour l’avenir de la production alimentaire en Europe. Les données proviennent d’une analyse publiée le 28 septembre 2026 par le Centre commun de recherche de la Commission européenne.

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