NapseflowNapseflow
Sciences

Alexandra Pérez Soriano, neurologue : « La maladie de Parkinson peut commencer par des symptômes non moteurs, tels que la constipation ou l’urgence urinaire »

Science & Vie · mis à jour il y a 7 j

Le tremblement des mains reste l'image qui colle à cette maladie neurologique. Pourtant, elle s'annonce souvent des années plus tôt, par une constipation tenace, des envies pressantes d'uriner ou un odorat qui s'efface.

Parkinson et symptômes invisibles

La maladie de Parkinson, souvent associée à des tremblements ou à une rigidité musculaire, peut en réalité débuter par des symptômes non moteurs, comme la constipation ou une envie soudaine d’uriner. Ces signes, moins connus du grand public, précèdent parfois de plusieurs années les symptômes moteurs classiques. Selon la neurologue Alexandra Pérez Soriano, ces manifestations sont liées à l’atteinte précoce de certaines zones du cerveau, comme le système nerveux entérique (le « deuxième cerveau » situé dans l’intestin) ou le système urinaire. Ces symptômes peuvent être négligés car ils sont fréquents dans la population générale, mais leur persistance ou leur aggravation doit alerter. En effet, ils pourraient indiquer le début d’un processus dégénératif touchant les neurones produisant la dopamine, un neurotransmetteur essentiel au contrôle des mouvements et à d’autres fonctions corporelles.

Diagnostic précoce difficile

Identifier la maladie de Parkinson à un stade précoce reste un défi majeur pour les médecins. Les symptômes non moteurs, comme les troubles digestifs ou urinaires, sont souvent attribués à d’autres causes (stress, alimentation, vieillissement) avant que la maladie ne soit suspectée. La neurologue souligne que ces signes sont pourtant des indicateurs précieux, car ils reflètent l’impact de la maladie sur des systèmes organiques variés. Par exemple, la constipation chronique, qui touche jusqu’à 80 % des patients parkinsoniens à un stade avancé, peut apparaître des années avant les premiers tremblements. De même, l’urgence urinaire, souvent confondue avec des infections urinaires ou une prostate hypertrophiée, peut révéler une atteinte des nerfs contrôlant la vessie. Ces symptômes, bien que banals, méritent une attention particulière, surtout s’ils s’aggravent ou s’accompagnent d’autres signes comme une perte d’odorat ou des troubles du sommeil.

Mécanismes cérébraux impliqués

La maladie de Parkinson est causée par la dégénérescence des neurones produisant de la dopamine dans une région du cerveau appelée substance noire. Cependant, des recherches récentes montrent que d’autres zones cérébrales et périphériques sont également touchées dès les premiers stades. Le système nerveux entérique, qui régule le fonctionnement des intestins, est particulièrement vulnérable. Cela explique pourquoi des troubles digestifs comme la constipation peuvent survenir avant même que les symptômes moteurs ne se manifestent. De même, le système urinaire peut être affecté par l’atteinte des nerfs contrôlant la vessie, entraînant des envies pressantes ou une incontinence. Ces observations remettent en question l’idée selon laquelle Parkinson serait uniquement une maladie des mouvements, et soulignent son caractère systémique. Les mécanismes exacts de cette propagation restent encore partiellement incompris, mais ils ouvrent la voie à de nouvelles pistes de recherche pour un diagnostic plus précoce.

Importance de la vigilance

Face à ces symptômes non moteurs, Alexandra Pérez Soriano insiste sur l’importance d’une vigilance accrue de la part des patients et des médecins. Une constipation persistante, une envie soudaine d’uriner ou une perte d’odorat inexpliquée doivent inciter à consulter un neurologue, surtout si ces signes s’accompagnent d’autres anomalies comme des troubles du sommeil ou une dépression. Ces symptômes, bien que non spécifiques, peuvent être les premiers indices d’une maladie de Parkinson débutante. Une prise en charge précoce permettrait non seulement de mieux gérer les symptômes, mais aussi d’envisager des traitements neuroprotecteurs, encore en développement. À ce jour, il n’existe pas de test unique pour diagnostiquer Parkinson, mais une combinaison d’examens cliniques, d’imagerie cérébrale et d’évaluation des symptômes peut aider à confirmer le diagnostic. La neurologue rappelle que chaque cas est unique et que l’écoute des patients est essentielle pour éviter les retards de diagnostic.

Ce que ça pourrait changer

Les travaux d’Alexandra Pérez Soriano s’inscrivent dans un contexte de recherche active sur la maladie de Parkinson. Les scientifiques explorent désormais des marqueurs biologiques, comme des protéines spécifiques dans le sang ou le liquide céphalo-rachidien, pour détecter la maladie plus tôt. Par ailleurs, des études en imagerie cérébrale permettent d’observer les lésions caractéristiques de Parkinson avant même l’apparition des symptômes. Ces avancées pourraient, à terme, révolutionner le diagnostic et le traitement de la maladie. Cependant, la neurologue souligne que ces outils ne sont pas encore accessibles en routine, et que la sensibilisation des professionnels de santé et du public reste une priorité. En attendant, une meilleure connaissance des symptômes non moteurs pourrait réduire le délai entre les premiers signes et le diagnostic, améliorant ainsi la qualité de vie des patients.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.