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La perte du « goût » est en réalité souvent une perte d’odorat

Source unique·il y a 4 j

La perte de goût, souvent évoquée au quotidien, cache en réalité une réalité sensorielle bien plus complexe : dans la majorité des cas, il s’agit d’une altération de l’odorat plutôt que d’une atteinte des cinq saveurs fondamentales. Cette confusion lexicale révèle une méconnaissance des mécanismes multisensoriels qui façonnent notre perception des aliments, avec des conséquences sociales, nutritionnelles et même sécuritaires. Comment distinguer ces troubles et pourquoi leur méprise peut aggraver leur impact sur la qualité de vie ?

Pourquoi parle-t-on de « flaveur » plutôt que de « goût » dans le langage scientifique ?

Le terme flaveur désigne l’expérience sensorielle globale liée à l’alimentation, intégrant trois composantes distinctes : les cinq saveurs de base (sucré, salé, acide, amer, umami), les odeurs perçues par le nez (olfaction orthonasale et rétronasale), et les sensations trigéminales comme le piquant ou la fraîcheur. Cette approche reflète la réalité physiologique où le cerveau combine ces informations pour construire notre perception d’un aliment, bien au-delà des seules saveurs.

Quels sont les troubles sensoriels les plus fréquents en cas de plainte de « perte de goût » ?

Les troubles les plus courants sont l’hyposmie (diminution de l’odorat) et l’anosmie (perte totale de l’odorat), qui altèrent principalement la perception des arômes sans affecter directement les saveurs. Les atteintes des saveurs pures (hypogueusie ou agueusie) sont bien plus rares. D’autres troubles comme la parosmie (déformation des odeurs) ou la phantosmie (hallucination olfactive) peuvent aussi être confondus avec une perte de goût.

Quels facteurs peuvent expliquer une altération de l’odorat ou du goût ?

Les causes sont variées : infections respiratoires (comme le Covid-19), maladies nasales ou sinusiennes, traumatismes crâniens, effets secondaires de médicaments, ou encore le vieillissement naturel. Certaines personnes naissent avec une anosmie congénitale, bien que ce cas reste exceptionnel. L’âge et l’état de santé général jouent également un rôle majeur dans la dégradation progressive de ces sens.

Comment le Covid-19 a-t-il révélé l’ampleur des troubles chimiosensoriels ?

La pandémie a mis en lumière la fréquence des pertes olfactives liées au virus, parfois sans obstruction nasale, ainsi que leur impact sur la perception des saveurs. Une étude internationale a montré que plus de 4 000 participants atteints de Covid-19 rapportaient une forte diminution de l’odorat et du goût, avec une altération moindre des sensations trigéminales. Certains patients conservent des séquelles durables, comme des parosmies ou des phantosmies, même après la guérison.

Ce que ça pourrait changer

Une meilleure distinction entre troubles olfactifs et gustatifs pourrait améliorer la prise en charge médicale et limiter les conséquences sociales et nutritionnelles, notamment chez les personnes âgées ou fragilisées. La méconnaissance de ces mécanismes risque d’aggraver l’isolement, la dénutrition ou les risques sécuritaires liés à l’incapacité à détecter des dangers (gaz, aliments avariés). Par ailleurs, la recherche sur les stratégies de compensation (comme l’adaptation des textures ou des températures) ouvre des pistes pour atténuer ces effets.

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