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ENVIRONNEMENT

«Complètement démesuré» : la préfecture de Gironde autorise le plus grand projet de ferme à saumons de l’Union européenne

Source unique·il y a 1 j

L’autorisation par la préfecture de Gironde d’une mégaferme à saumons de 10 000 tonnes par an, la plus grande d’Europe, cristallise les tensions entre impératifs économiques et urgences écologiques. Alors que le département peine à se relever des incendies ayant ravagé 42 000 hectares, ce projet de 280 millions d’euros, porté par Pure Salmon, soulève des questions sur la gestion de l’eau et la préservation des écosystèmes dans un contexte de stress hydrique croissant.

Quels sont les principaux arguments avancés par les opposants au projet de mégaferme à saumons en Gironde ?

Les opposants, regroupant associations, pêcheurs et riverains, dénoncent une menace directe sur la ressource en eau, déjà fragilisée par la sécheresse et les incendies, ainsi que des risques de déséquilibre écologique pour l’estuaire de la Gironde, classé parmi les plus sauvages d’Europe. Ils critiquent également l’absence de quantification précise des rejets d’azote et de phosphore, malgré les prescriptions environnementales annoncées par la préfecture.

Comment la préfète de Gironde justifie-t-elle l’autorisation de ce projet controversé ?

La préfète Sophie Brocas met en avant des enjeux d’intérêt général, comme la reconversion d’une friche industrialo-portuaire, la création de 250 emplois directs et la réduction de la dépendance aux importations de saumon, actuellement à 99 %. Elle insiste sur le cadre environnemental strict encadrant le projet, incluant des contrôles permanents et des mesures de protection des ressources en eau et de la biodiversité.

Quelles sont les limites des technologies avancées par Pure Salmon pour minimiser l’impact environnemental ?

Bien que Pure Salmon vante un système de recirculation d’eau (RAS) présenté comme vertueux, les opposants soulignent que les densités de saumons prévues (60 à 70 kg/m³) sont incompatibles avec les besoins biologiques de l’espèce, migrant en milieu ouvert. L’Ifremer et plusieurs experts pointent aussi l’absence de références opérationnelles pour des projets de cette envergure, malgré les affirmations sur la maîtrise de l’impact.

Quelles mobilisations ont précédé l’autorisation du projet et quel a été leur poids dans la décision ?

Dès janvier 2026, une coalition de 27 ONG a dénoncé le projet dans un appel pour l’océan, tandis que des manifestations ont eu lieu en décembre 2025 et janvier 2026. L’enquête publique a recueilli plus de 20 000 contributions, majoritairement défavorables, et plusieurs instances (commission locale de l’eau, BRGM, conseil scientifique de l’estuaire) ont critiqué le manque de transparence. Pourtant, la commission d’enquête publique et le Coderst ont rendu un avis favorable en mars 2026.

Ce que ça pourrait changer

Ce projet pourrait accélérer la dégradation des écosystèmes locaux si les prescriptions environnementales s’avèrent insuffisantes, tandis que son échec ou sa contestation pourrait freiner l’expansion des mégafermes aquacoles en Europe. Il révèle aussi les tensions au sein du gouvernement sur la priorité à donner entre relance industrielle et protection des milieux naturels, avec un risque de moratoire législatif si la proposition de loi en cours est adoptée.

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