Entreprises en difficulté : la Cour des comptes appelle à simplifier et mieux coordonner les dispositifs d’accompagnement
La hausse record des procédures collectives en 2025, avec près de 70 000 entreprises concernées, révèle les limites d’un système d’accompagnement fragmenté et peu efficace. La Cour des comptes pointe du doigt une coordination défaillante entre les dispositifs publics, aggravant les risques financiers pour les créanciers institutionnels, dont les pertes s’élèvent à plus de 20 milliards d’euros. Derrière ces chiffres se cache une question de fond : comment concilier urgence économique et rationalisation des aides pour éviter l’emballement des défaillances ?
Quels facteurs expliquent l’augmentation des procédures collectives en 2025 ?
La Cour des comptes attribue cette hausse à un rattrapage post-crise sanitaire, après une période où les défaillances avaient été artificiellement contenues. Elle souligne aussi l’impact des tensions économiques persistantes, qui fragilisent des entreprises déjà vulnérables, sans préciser l’origine exacte de ces tensions.
Quel est le rôle des créanciers publics dans ce contexte ?
Les créanciers publics, notamment la DGFiP et les Urssaf, détiennent des créances colossales (20,2 milliards d’euros en 2024) sur des entreprises en procédure collective, mais ne récupèrent qu’une infime partie (4,8 %) de ces montants. Leur exposition financière illustre l’urgence de repenser l’accompagnement des entreprises en difficulté.
Pourquoi la Cour des comptes insiste-t-elle sur la simplification des dispositifs ?
L’institution critique la complexité et la multiplicité des mécanismes d’aide, qui rendent leur accès difficile et leur efficacité limitée. Une meilleure coordination entre ces dispositifs pourrait réduire les délais et améliorer la prise en charge des entreprises, évitant ainsi une aggravation des pertes pour les créanciers publics.
Ce que ça pourrait changer
Une réforme des dispositifs d’accompagnement pourrait réduire le coût budgétaire des défaillances pour l’État et les organismes sociaux, tout en limitant les destructions d’emplois. À l’inverse, une absence de coordination risquerait d’aggraver la crise de confiance des créanciers publics et de pénaliser davantage les entreprises déjà fragilisées. La question dépasse le cadre juridique : elle engage la crédibilité de l’action publique face aux défis économiques structurels.

