Pour les écoles, la mère reste le parent à contacter en priorité : une charge mentale qui renforce les inégalités ?
Si la répartition des tâches parentales reste largement inégale, les institutions scolaires, par leurs pratiques de communication, pourraient involontairement renforcer ce déséquilibre. Une étude récente révèle que les établissements contactent systématiquement les mères en priorité, même lorsque les pères sont tout aussi disponibles, alimentant ainsi une charge mentale disproportionnée et des inégalités persistantes au sein des couples.
Quelle est la part des écoles américaines qui contactent les mères en premier lieu dans le cadre de la scolarité de leurs enfants ?
Parmi les directeurs d'école qui ont répondu à l'enquête, environ 60 % ont contacté la mère en premier, contre 40 % pour le père. Même lorsque les pères étaient explicitement présentés comme plus disponibles, les écoles continuaient souvent à privilégier les mères.
Pourquoi les écoles privilégient-elles les mères dans leurs communications, selon les auteurs de l'étude ?
Les auteurs suggèrent que les écoles agissent par habitude ou par manque d'informations précises, en s'appuyant sur des stéréotypes implicites selon lesquels les mères seraient plus réactives. Cette tendance se renforce malgré des preuves contraires, notamment lorsque les pères sont désignés comme les parents les plus disponibles.
Quels sont les effets concrets de cette pratique sur les familles, au-delà des appels téléphoniques ?
Les sollicitations répétées des écoles, combinées à celles d'autres institutions (médecins, clubs sportifs, etc.), alourdissent la charge mentale des mères, qui assument déjà une part disproportionnée des tâches parentales. Cela peut aussi influencer la perception de l'équité au sein du couple et impacter les carrières professionnelles des parents.
Quelles solutions simples pourraient atténuer ce déséquilibre dans les établissements scolaires ?
Les auteurs soulignent que les écoles pourraient systématiquement demander aux familles de préciser leurs préférences de contact dès la rentrée, en désignant explicitement qui doit être sollicité pour quelles situations. Cela permettrait de mieux refléter la répartition réelle des responsabilités au sein du foyer.
Ce que ça pourrait changer
Cette étude met en lumière le rôle insidieux des institutions dans la reproduction des inégalités de genre, même lorsque les familles cherchent à partager équitablement les tâches. Elle invite à repenser les pratiques de communication des écoles et autres organisations pour éviter de renforcer, malgré elles, des déséquilibres préexistants.

