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DROIT

Bail commercial : une hausse forfaitaire annuelle sans plafond est réputée non écrite

Source unique·il y a 9 j

La Cour de cassation a récemment rappelé une limite fondamentale dans la rédaction des baux commerciaux : une clause prévoyant une hausse forfaitaire annuelle du loyer, sans plafond ni durée déterminée, est systématiquement réputée non écrite. Cette jurisprudence réaffirme l’équilibre entre la liberté contractuelle des parties et la protection contre les déséquilibres financiers excessifs, tout en interrogeant la marge de manœuvre des bailleurs et locataires dans la négociation des loyers.

Quelle distinction la jurisprudence établit-elle entre les clauses de hausse forfaitaire du loyer ?

La Haute Juridiction distingue deux types de clauses : d’une part, celles qui prévoient des augmentations par paliers déterminés de manière forfaitaire (considérées comme valables), et d’autre part, les clauses d’augmentation forfaitaire et périodique du loyer sans limitation de durée ou de plafond (censurées). Cette nuance vise à éviter que les locataires ne subissent des hausses de loyer disproportionnées et imprévisibles sur le long terme.

Pourquoi la Cour de cassation censure-t-elle spécifiquement les clauses sans plafond ni durée ?

La Cour de cassation considère que ces clauses, en l’absence de garde-fous, créent un déséquilibre structurel au détriment du locataire, incompatible avec l’esprit des baux commerciaux. Elle rappelle ainsi que la liberté contractuelle ne saurait justifier des mécanismes financiers déconnectés de toute réalité économique ou juridique, notamment en matière de loyers.

Quels acteurs sont directement concernés par cette jurisprudence ?

Les bailleurs et les locataires de locaux commerciaux sont les premiers concernés, car cette décision impacte directement la rédaction et la validité des clauses de révision des loyers dans leurs contrats. Les professionnels du droit (avocats, notaires) et les rédacteurs de baux doivent également adapter leurs pratiques pour se conformer à cette interprétation stricte de la loi.

Ce que ça pourrait changer

Cette jurisprudence pourrait inciter les parties à privilégier des clauses de révision plus transparentes et encadrées, limitant les risques de contentieux. Pour les locataires, elle offre une protection accrue contre les hausses abusives, tandis que les bailleurs devront revoir leurs stratégies de fixation des loyers pour éviter des clauses jugées non écrites. À plus long terme, cette décision pourrait influencer les pratiques sectorielles et les modèles économiques des centres commerciaux ou des bailleurs institutionnels.

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