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Filles ou garçons : le prestige des études n’influence pas leurs choix d’orientation de la même manière

Source unique·21 sept.

Le prestige des filières universitaires influence-t-il de la même manière les choix d’orientation des femmes et des hommes ? Une analyse sur plus d’un siècle de données en France révèle une asymétrie structurelle dans la manière dont les étudiantes et les étudiants arbitrent entre des formations aussi prestigieuses que le droit ou la médecine. Ces écarts, loin d’être anecdotiques, éclairent les mécanismes genrés de reproduction des inégalités dans l’enseignement supérieur, où les dispositifs de régulation institutionnelle agissent comme des révélateurs de dynamiques sociales bien plus profondes.

Quelle est la principale dissymétrie observée entre les choix d’orientation des filles et des garçons dans les filières prestigieuses comme le droit et la médecine ?

Chez les garçons, le droit et la médecine fonctionnent comme des filières concurrentes : une baisse des effectifs dans l’une entraîne une hausse dans l’autre, reflétant une logique de substitution pour préserver un statut social élevé. Chez les filles, ces deux formations apparaissent complémentaires : l’augmentation des effectifs en médecine s’accompagne d’une progression en droit, suggérant un effet d’entraînement où le prestige agit comme un levier d’émancipation collective plutôt que comme un arbitrage individuel.

Comment le numerus clausus en médecine a-t-il modifié les trajectoires des étudiantes et des étudiants depuis 1971 ?

Le numerus clausus a servi de régulateur indirect des filières d’élite, mais avec des effets genrés distincts. Pour les hommes, il a principalement agi comme une contrainte directe, poussant à des réorientations vers d’autres filières prestigieuses. Pour les femmes, il s’est inscrit dans une dynamique plus circulaire, où la régulation institutionnelle a coïncidé avec une montée progressive de leurs ambitions scolaires, créant un décalage temporel entre contrainte et adaptation.

Pourquoi le prestige social des professions influence-t-il différemment les choix d’orientation selon le genre ?

Le prestige ne se réduit pas à une simple question de statut : il active des logiques sociales distinctes. Pour les hommes, il renforce une stratégie de gestion du risque, où le choix d’une filière prestigieuse vise à sécuriser un parcours professionnel perçu comme menacé. Pour les femmes, il fonctionne comme un signal collectif, légitimant l’accès à des carrières longues et valorisées, et favorisant ainsi une diffusion progressive des ambitions scolaires au-delà des filières traditionnellement féminines.

Ce que ça pourrait changer

Ces résultats invitent à repenser les dispositifs de régulation de l’enseignement supérieur en intégrant systématiquement les dimensions de genre, de prestige et d’anticipation des étudiants. Sans une approche proactive, les systèmes éducatifs risquent de reproduire, cycle après cycle, des déséquilibres structurels qui perpétuent les inégalités d’accès aux filières d’élite. Une telle perspective pourrait inspirer des politiques publiques plus inclusives, capables de concilier excellence académique et équité sociale.

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