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GÉNÉRALISTE

Le Canada perd des milliards de dollars à cause d’un manque de transformation de récoltes

Source unique·il y a 3 h

Le Canada sous-exploite le potentiel économique de ses récoltes en privilégiant l’exportation brute plutôt que leur transformation locale, privant ainsi son PIB de milliards de dollars et sacrifiant des milliers d’emplois. Cette stratégie, pointée du doigt par Protein Industries Canada, révèle des failles structurelles dans la chaîne de valeur agroalimentaire, alors que le pays peine à capitaliser sur des débouchés porteurs comme les biopolymères ou les ingrédients fonctionnels pour l’industrie pharmaceutique. Dans un contexte de tensions commerciales internationales, cette inertie interroge la capacité du Canada à transformer ses atouts agricoles en leviers de croissance durable.

Quels gains économiques le Canada pourrait-il réaliser en transformant davantage ses récoltes sur son territoire ?

Selon Protein Industries Canada, réorienter seulement 10 % des récoltes canadiennes vers la transformation locale pourrait générer jusqu’à 5,4 milliards de dollars de PIB supplémentaire, 1,1 milliard de dollars de recettes publiques et créer environ 34 000 emplois équivalents temps plein. Ces chiffres illustrent un écart criant entre le potentiel inexploité et la réalité actuelle, où 88 % de la nourriture produite est exportée sans transformation.

Quels secteurs ou applications pourraient bénéficier d’une relocalisation de la transformation des récoltes au Canada ?

Le rapport identifie plusieurs pistes : la production d’ingrédients alimentaires pour l’aquaculture, les rations militaires ou les secours en cas de catastrophe, mais aussi des usages industriels comme les biopolymères (emballages biodégradables, résines pour impression 3D) ou les lubrifiants à base de graines d’oléagineux. Le secteur pharmaceutique et les applications bio-industrielles (comme les produits pharmaceutiques) sont également mentionnés comme des marchés en croissance.

Quels obstacles freinent le développement de la transformation agroalimentaire au Canada ?

Le rapport pointe des barrières commerciales liées aux régulations, des inefficacités dans la chaîne d’approvisionnement, ainsi qu’un départ massif à la retraite des travailleurs qualifiés. Les lenteurs dans le transport et les disparités entre provinces (exigences de certification, normes) compliquent aussi la fluidité du secteur. Ces faiblesses structurelles limitent la compétitivité du Canada face à des concurrents mieux organisés.

Ce que ça pourrait changer

Une relocalisation partielle de la transformation agroalimentaire pourrait réduire la dépendance du Canada aux exportations brutes et renforcer sa résilience face aux chocs géopolitiques, comme les tensions commerciales avec les États-Unis. À plus long terme, cela positionnerait le pays comme un acteur clé sur les marchés des ingrédients fonctionnels et des biomatériaux, des segments en forte croissance. Cependant, la mise en œuvre de ces changements nécessiterait des investissements massifs et une coordination interprovinciale, deux défis majeurs dans un contexte de ressources limitées.

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