Le Canada perd des milliards de dollars à cause d’un manque de transformation de récoltes
Des milliers d’emplois pourraient être créés si le Canada transformait une partie de ses récoltes..
Le Canada renonce à des milliards de dollars de gains économiques chaque année en exportant une grande partie de ses récoltes sans les transformer sur son territoire. Selon le rapport publié par Protein Industries Canada en septembre 2026, réorienter seulement 10 % des récoltes canadiennes vers la transformation locale pourrait générer jusqu’à 5,4 milliards de dollars supplémentaires pour le produit intérieur brut (PIB) canadien. Cette transformation permettrait également d’ajouter 1,1 milliard de dollars aux recettes publiques et de créer environ 34 000 emplois équivalents temps plein. En 2024, le secteur agroalimentaire canadien était évalué à 149,2 milliards de dollars, mais il reste sous-exploité en raison d’un manque d’investissements dans la transformation des matières premières.
Le Canada dispose d’un potentiel important pour transformer ses récoltes en produits à plus haute valeur ajoutée, tant pour le marché intérieur qu’international. Selon Tyler Groeneveld, directeur général de Protein Industries Canada, le pays pourrait produire davantage de denrées de grande consommation, d’ingrédients pour les épiceries, ou encore des produits riches en protéines, fibres et nutriments destinés à une population mondiale en croissance. Les applications possibles incluent aussi des usages bio-industriels, comme la fabrication de biopolymères, de lubrifiants, de résines pour l’impression 3D, d’emballages biodégradables ou de produits pharmaceutiques. Le secteur de l’alimentation et des boissons pourrait atteindre 9,8 trillions de dollars d’ici 2040, offrant des opportunités économiques majeures pour le Canada dans la transformation des ingrédients.
Le Canada exporte pour plus de 700 millions de dollars de tomates brutes, mais réimporte ensuite pour 500 millions de dollars de produits transformés à base de tomates, comme des sauces ou des conserves. Cette situation illustre les emplois et les gains économiques perdus en raison d’un manque de transformation locale. Le rapport souligne également que 88 % de la nourriture produite au Canada en 2024 a été exportée vers les États-Unis, ce qui limite le développement d’une industrie agroalimentaire nationale plus intégrée. D’autres exemples incluent la transformation de récoltes en aliments pour l’aquaculture, en rations pour l’armée ou en produits de secours en cas de catastrophe, des secteurs où le Canada pourrait se positionner plus fortement.
Le secteur agroalimentaire canadien fait face à plusieurs obstacles qui freinent son développement. Le rapport de Protein Industries Canada identifie des régulations complexes qui créent des barrières commerciales, des inefficacités dans la chaîne d’approvisionnement et un manque de coordination entre les provinces. De plus, le départ à la retraite d’une partie importante du personnel qualifié aggrave la situation. Ces défis surviennent alors que le Canada cherche à diversifier ses débouchés économiques, notamment en raison des tensions commerciales avec les États-Unis sous l’administration de Donald Trump. Pour surmonter ces obstacles, le rapport propose des solutions comme la création d’un organisme consultatif scientifique dédié aux nouveaux produits agroalimentaires et des programmes d’accélération pour encourager les investissements privés.
Pour stimuler la transformation des récoltes au Canada, le rapport suggère plusieurs mesures concrètes. Parmi elles, la mise en place d’un projet pilote impliquant deux provinces, visant à harmoniser les exigences en matière d’essais, de certification et de documentation. Cette initiative permettrait de lever les barrières commerciales interprovinciales et de faciliter les échanges. Le rapport recommande également la création de tables rondes avec les investisseurs pour encourager les investissements privés dans le secteur agroalimentaire. Michael Graydon, directeur général de Produits alimentaires, de santé et de consommation Canada, insiste sur la nécessité de maintenir une plus grande partie de la production alimentaire sur le territoire canadien, afin de préserver les emplois et de renforcer l’économie locale.
Plusieurs acteurs jouent un rôle central dans ce débat. *Protein Industries Canada*, une organisation dédiée à l’innovation dans l’industrie des protéines végétales, a publié le rapport clé de septembre 2026. Tyler Groeneveld, son directeur général, met en avant le potentiel économique inexploité du Canada. Michael Graydon, directeur général de *Produits alimentaires, de santé et de consommation Canada*, souligne l’importance de l’emploi dans le secteur manufacturier alimentaire, qui emploie déjà plus de 350 000 personnes. Ces acteurs soulignent l’urgence d’investir dans la transformation locale pour éviter de perdre des opportunités économiques au profit d’autres pays.

