Boris Hansel, professeur de nutrition : « On peut faire confiance au Nutri-Score à condition de comprendre ce qu'il dit et ce qu'il ne dit pas »
Le Nutri-Score, outil de notation nutritionnelle adopté en Europe, suscite des débats sur sa fiabilité et son interprétation. Boris Hansel, professeur de nutrition, défend son usage tout en soulignant les limites d'un système qui ne saurait se substituer à une analyse globale de l'alimentation. Cette prise de position interroge les mécanismes de confiance accordés aux indicateurs simplifiés dans un contexte où les enjeux de santé publique sont majeurs.
Quels sont les principaux arguments avancés par Boris Hansel pour justifier la confiance dans le Nutri-Score ?
Boris Hansel considère que le Nutri-Score constitue un outil fiable à condition que les consommateurs en comprennent les fondements et les limites. Il insiste sur l'importance de ne pas réduire l'évaluation nutritionnelle à ce seul score, mais de l'intégrer dans une démarche plus large d'analyse des habitudes alimentaires.
Quelles sont les limites du Nutri-Score que Boris Hansel reconnaît explicitement ?
Le professeur de nutrition souligne que le Nutri-Score ne prend pas en compte certains aspects comme la qualité des ingrédients, la présence de pesticides ou l'impact environnemental des produits. Il rappelle également que ce système ne remplace pas une lecture attentive des étiquettes ou une consultation avec un professionnel de santé.
Pourquoi Boris Hansel insiste-t-il sur la nécessité de comprendre ce que le Nutri-Score ne dit pas ?
Hansel met en garde contre une interprétation trop simpliste du Nutri-Score, qui pourrait conduire à des choix alimentaires déséquilibrés si les consommateurs ne saisissent pas ses biais. Par exemple, un produit transformé avec un score favorable peut masquer une composition industrielle ou des additifs indésirables.
Quel rôle joue la communication autour du Nutri-Score dans la perception de sa fiabilité ?
La crédibilité du Nutri-Score dépend largement de la manière dont ses résultats sont expliqués et contextualisés. Hansel suggère que les campagnes d'information doivent clarifier ses objectifs et ses limites pour éviter les dérives, comme une confiance aveugle dans un système par ailleurs utile.
Ce que ça pourrait changer
À l'ère de la food literacy, l'entretien d'un débat public éclairé sur les outils comme le Nutri-Score pourrait renforcer leur utilité sans tomber dans le piège d'une standardisation trompeuse. Les pouvoirs publics et les acteurs de la santé pourraient être incités à développer des outils complémentaires, intégrant des critères environnementaux ou sociaux, pour répondre aux attentes croissantes des consommateurs en matière de transparence.

