Boris Hansel, professeur de nutrition : « On peut faire confiance au Nutri-Score à condition de comprendre ce qu'il dit et ce qu'il ne dit pas »
Omniprésent sur les emballages, le Nutri-Score fait pourtant l'objet de vives critiques de la part d'une partie de l'industrie agroalimentaire. De quoi se demander si ce concept est fiable pour les consommateurs.
Le Nutri-Score est un système d'étiquetage nutritionnel présent sur les emballages alimentaires en Europe, conçu pour aider les consommateurs à choisir des produits plus sains. Selon Boris Hansel, professeur de nutrition à l'hôpital Bichat à Paris, il est possible de lui faire confiance, mais à condition de bien comprendre ses limites. Cet outil, développé par des experts en santé publique, attribue une note de A à E aux aliments en fonction de leur composition nutritionnelle. Les critères incluent la teneur en calories, en sucres, en graisses saturées, en sel, en fibres et en protéines. Par exemple, un produit noté A est considéré comme plus équilibré qu'un produit noté E. Cependant, Hansel souligne que le Nutri-Score ne doit pas être le seul critère de choix alimentaire, car il ne prend pas en compte certains aspects comme la présence d'additifs ou la qualité globale du régime alimentaire.
Le Nutri-Score présente plusieurs limites importantes à connaître. D'abord, il ne mesure pas la présence d'additifs alimentaires, qui peuvent avoir des effets négatifs sur la santé à long terme. Ensuite, il ne reflète pas la qualité globale d'un repas ou d'un régime alimentaire. Par exemple, un plat préparé noté B pourrait être moins équilibré qu'un repas fait maison composé d'ingrédients frais mais non évalués par le Nutri-Score. De plus, le système ne tient pas compte des portions réelles consommées. Un produit noté A en petite quantité peut devenir moins sain s'il est consommé en excès. Hansel insiste donc sur l'importance de compléter l'utilisation du Nutri-Score par une lecture attentive des étiquettes et une éducation nutritionnelle.
Boris Hansel est professeur de nutrition et praticien hospitalier à l'hôpital Bichat à Paris. Il est également connu pour ses interventions médiatiques visant à vulgariser les enjeux de la nutrition. Le Nutri-Score, quant à lui, a été développé sous l'égide des pouvoirs publics français et européens, avec la participation d'experts en santé publique. Il est aujourd'hui obligatoire sur les emballages alimentaires en France et dans plusieurs autres pays européens. Son adoption vise à réduire les risques de maladies liées à une mauvaise alimentation, comme l'obésité ou les maladies cardiovasculaires. Hansel rappelle que cet outil s'inscrit dans une démarche plus large de promotion d'une alimentation saine et durable.
Pour utiliser efficacement le Nutri-Score, Boris Hansel recommande de ne pas se fier uniquement à la note globale. Il conseille de vérifier systématiquement la liste des ingrédients, car certains produits notés A peuvent contenir des additifs ou des sucres cachés. Il est également important de comparer les produits similaires entre eux pour faire un choix éclairé. Par exemple, deux yaourts notés B peuvent avoir des compositions très différentes. Enfin, Hansel encourage à privilégier les aliments bruts et non transformés, qui ne sont pas toujours couverts par le Nutri-Score. L'objectif est de compléter l'information donnée par l'étiquette avec une approche globale et critique de son alimentation.

