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Guerre commerciale : les mesures fédérales vont-elles aider les PME?

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 5 j

La nouvelle salve tarifaire affecte surtout les petites et moyennes entreprises contrairement aux précédentes..

Guerre commerciale en cours

En août 2026, le Canada et les États-Unis sont engagés dans une guerre commerciale, un conflit où chaque pays impose des tarifs douaniers (taxes sur les importations) pour protéger ses propres entreprises. Les États-Unis ont récemment augmenté leurs tarifs de 50 % sur certains produits canadiens, notamment l’aluminium et l’acier. En réponse, le gouvernement canadien du premier ministre Carney a annoncé des contre-tarifs de 15 % à 50 % sur des produits américains, visant principalement les petites et moyennes entreprises (PME). Ces mesures visent à protéger les entreprises canadiennes, mais leur efficacité est remise en question par plusieurs économistes et acteurs du milieu des affaires.

Mesures fédérales pour les PME

Le gouvernement canadien a mis en place plusieurs mesures pour soutenir les PME touchées par les tarifs américains. Parmi elles, des contre-tarifs de 15 % à 50 % sur les produits américains visés, ainsi que des systèmes de prêts pour aider les entreprises à maintenir leur flux de trésorerie (l’argent qui entre et sort de l’entreprise). Cependant, ces mesures sont critiquées pour leur complexité administrative et leurs critères stricts, qui excluent une grande partie des PME. Par exemple, lors des précédents programmes similaires, très peu d’entreprises ont pu en bénéficier. Certains experts, comme Simon Gaudreault de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), estiment que ces mesures ne suffiront pas et proposent plutôt une baisse des impôts pour les PME, afin de leur donner plus de liquidités rapidement.

Impact sur les PME canadiennes

Les PME canadiennes, notamment celles de moins de 20 employés, sont particulièrement vulnérables aux tarifs américains. Ces entreprises n’ont souvent pas les ressources pour absorber une baisse de leurs revenus ou une hausse de leurs coûts de production. Par exemple, les producteurs de fleurs de l’Ontario, comme ceux de l’entreprise Flowers Ontario Canada inc., exportent 150 millions de dollars canadiens de fleurs coupées vers les États-Unis chaque année, sur un total de 250 millions de dollars de bénéfices. Or, ces fleurs ne peuvent pas être stockées longtemps ni vendues ailleurs, car leur durée de vie est très courte. Les producteurs risquent donc de devoir payer eux-mêmes les tarifs pour préserver leurs relations commerciales avec les États-Unis, ce qui menace leur rentabilité.

Défis et limites des solutions

Les solutions proposées par le gouvernement soulèvent plusieurs défis. D’abord, les contre-tarifs canadiens pourraient rendre les produits américains moins compétitifs au Canada, mais cela ne garantit pas que le marché canadien soit suffisamment grand ou rentable pour compenser les pertes sur le marché américain. Par exemple, une PME du Manitoba qui exportait vers le Minnesota et le Michigan aux États-Unis aurait du mal à rebâtir son marché uniquement au Manitoba, en raison des barrières interprovinciales (obstacles au commerce entre les provinces canadiennes) et de la taille réduite du marché canadien. Ensuite, les entreprises ne savent pas si cette guerre commerciale est temporaire ou permanente, ce qui rend difficile la prise de décisions stratégiques. Enfin, les intrants (matières premières ou composants) importés des États-Unis pourraient aussi devenir plus chers pour les entreprises canadiennes, aggravant encore leur situation.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs acteurs, comme Ian McLean de la Chambre de commerce de Kitchener-Waterloo, soulignent l’importance du **libre-échange au sein du Canada** pour résister à cette crise. Selon lui, le Canada doit s’unir pour survivre et prospérer face à la guerre commerciale avec les États-Unis. De son côté, la FCEI recommande une baisse des impôts pour les PME, une mesure qu’elle juge plus rapide et efficace pour leur redonner de la liquidité. Cependant, le gouvernement n’a pas encore adopté cette approche. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer si les mesures actuelles suffiront à protéger les PME canadiennes ou si d’autres solutions devront être envisagées.

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