Le PCQ veut relancer l’exploitation du gaz de schiste au Québec
Le chef du PCQ estime que cela est nécessaire pour l’« autonomie énergétique » du Québec face à Donald Trump..
Le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, propose de relancer l’exploitation du gaz de schiste dans la province, notamment dans la formation géologique d’Utica, située entre Québec et Montréal, le long de la vallée du Saint-Laurent. Cette région abrite l’un des plus grands gisements de gaz naturel au monde encore interdit d’exploitation, selon le PCQ. La proposition vise à réduire la dépendance énergétique du Québec envers les États-Unis, où 10 % de la puissance énergétique québécoise provient actuellement. Le parti estime que cette exploitation pourrait générer 9,4 milliards de dollars sur 10 ans et créer 6 000 emplois. Éric Duhaime souligne que l’objectif est de protéger le Québec contre les fluctuations tarifaires liées à l’administration de Donald Trump, jugée imprévisible.
Pour encadrer cette exploitation, le PCQ impose trois conditions strictes : un cadre réglementaire où tous les risques financiers seraient supportés par les entreprises privées, une acceptabilité sociale dans les régions concernées, et l’application des normes environnementales les plus élevées au monde. Éric Duhaime admet que, sans majorité absolue, le parti ne pourra pas mettre ce plan en œuvre directement, mais il propose d’exiger des projets pilotes pour négocier avec les entreprises les modalités d’exploitation souhaitées. Le chef conservateur insiste sur l’évolution des technologies, affirmant que les méthodes actuelles utilisent moins d’eau et permettent d’extraire deux fois plus de gaz par puits qu’auparavant, réduisant ainsi les impacts environnementaux.
Éric Duhaime présente la relance du gaz de schiste comme une mesure environnementale, malgré l’apparente contradiction. Il explique que le gaz naturel québécois pourrait remplacer le charbon utilisé en Europe, notamment en Allemagne, ce qui réduirait les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Selon lui, cette substitution serait bénéfique pour l’environnement, même si les émissions locales augmenteraient au Québec. Il souligne que l’environnement n’a pas de frontières et que les réductions d’émissions en Europe compenseraient les impacts locaux. Cette position contraste avec les critiques des opposants, qui soulignent les risques environnementaux liés à l’exploitation du gaz de schiste.
La proposition du PCQ a suscité des réactions variées parmi les autres partis politiques québécois. Québec solidaire (QS), représenté par Ruba Ghazal, rejette catégoriquement cette idée, évoquant les inondations et les feux de forêt récurrents au Québec comme preuves de la nécessité de délaisser les énergies fossiles. Le Parti québécois (PQ) partage cette opposition, privilégiant le développement de l’hydroélectricité et des énergies renouvelables, jugées moins risquées pour la santé et l’environnement. Christine Fréchette, cheffe du PQ, s’est dite neutre sur la question, indiquant que le parti étudie la possibilité de modifier certaines politiques énergétiques en fonction de l’évolution des technologies et des attentes des Québécois. Le Parti libéral du Québec (PLQ), représenté par Charles Milliard, considère quant à lui que cette proposition n’est pas une priorité.
En 2022, l’Assemblée nationale du Québec a adopté *La Loi visant principalement à mettre fin à la recherche et à la production d’hydrocarbures*, interdisant ainsi l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures, dont le gaz de schiste. Cette loi a été soutenue par la Coalition Avenir Québec (CAQ) à l’époque, mais son application a suscité des tensions. Plusieurs entreprises, comme Galt Resources et Ressources Utica, poursuivent actuellement le gouvernement québécois en *Cour supérieure* pour réclamer 18 milliards de dollars en indemnisation, arguant que cette loi constitue une *expropriation déguisée*. Le débat sur le gaz de schiste a été relancé dans un contexte de *guerre commerciale* entre les États-Unis et d’autres pays, ainsi que de *guerre au Moyen-Orient*, qui a fait augmenter les prix de l’essence.

