Crue au Népal et au Tibet : le bilan dépasse les 950 morts et 4400 disparus
Plus de 2500 bâtiments ont été ravagés au Népal par le mur d'eau qui a déferlé des montagnes mercredi dernier..
Une crue éclair (inondation soudaine et violente) a frappé le Népal et le Tibet le 26 août 2026, causant une catastrophe humanitaire sans précédent. Le bilan provisoire s'élève à près de 955 morts et 4 471 disparus, selon les dernières estimations publiées le 31 août. Les autorités locales décrivent un désastre d'une ampleur « inimaginable », avec des villages entiers ensevelis sous une mer de boue. La catastrophe a été déclenchée par l'effondrement d'un énorme glacier dans l'Himalaya, transformant une rivière paisible en un fleuve déchaîné. Les secouristes, travaillant dans des conditions périlleuses, tentent désespérément de sauver des survivants ou de retrouver des disparus, mais les risques de nouvelles montées des eaux et l'accès difficile aux zones sinistrées compliquent leurs efforts.
Les régions les plus affectées se situent dans la vallée de la rivière Trishuli, au Népal, et dans le poste-frontière de Gyirong, au Tibet. Au Népal, plus de 2 500 bâtiments ont été détruits, soit les deux tiers des constructions dans les zones étudiées par l'observatoire européen Copernicus. Ces secteurs, incluant les localités de Timure, Syabrubesi et Bidur, abritaient environ 6 000 habitants avant la catastrophe. Les dégâts matériels sont colossaux, avec plus de sept bâtiments sur dix endommagés, partiellement ou totalement. Les opérations de secours se concentrent notamment sur les tunnels du projet hydroélectrique Trishuli-3, où des ouvriers sont toujours portés disparus.
Des milliers de militaires, policiers, guides locaux et spécialistes étrangers (venant d'Inde, de Chine et de Corée du Sud) participent aux opérations de secours. Ces équipes utilisent des hélicoptères pour évacuer les victimes et des engins lourds pour dégager les décombres, notamment dans les tunnels où des ouvriers sont piégés. Un sauvetage a marqué les esprits : celui d'une fillette de 6 ans, retrouvée vivante sous les décombres avec seulement sa tête émergente. Cependant, les autorités népalaises n'ont toujours pas pu contacter une centaine d'ouvriers présumés prisonniers dans un tunnel de la région sinistrée. Les sauveteurs doivent aussi faire face à des risques constants de nouvelles crues et à la décomposition des corps, ce qui aggrave les conditions de travail.
Côté népalais, 903 corps ont été retrouvés, tandis que 16 l'ont été au Tibet. Mais près de 5 000 personnes restent portées disparues, dont des centaines d'étrangers (touristes, pèlerins ou ouvriers). À Bharatpur, dans le sud du Népal, 250 cadavres ont été retrouvés à plus de 100 kilomètres en aval de la zone sinistrée. Les morgues locales, submergées, ont commencé à enterrer provisoirement certaines dépouilles sans identification formelle, pour des raisons sanitaires. Les familles des disparus se pressent dans les hôpitaux et les morgues, tentant d'identifier leurs proches via des images vidéo. Les autorités ont prélevé des échantillons d'ADN pour permettre une identification future, notamment pour les victimes de confession hindoue, dont les corps pourront être exhumés et incinérés selon la tradition.
Les experts attribuent la crue à l'effondrement d'un glacier, un phénomène rare mais aggravé par les changements climatiques. Cet événement rappelle la puissance destructrice d'un *tsunami*, avec une vague dévastatrice et un nuage de poussière, comme l'a décrit un survivant, Shibu Giri, employé d'une centrale hydroélectrique. Les dégâts économiques sont estimés à plusieurs milliards de dollars, faisant de cette catastrophe la plus meurtrière au Népal depuis le tremblement de terre de 2015. Le gouvernement népalais, confronté à l'urgence, a qualifié la situation de « désastre en cours ». L'UNICEF, via son antenne népalaise, souligne l'ampleur de la crise humanitaire, notamment pour les populations isolées et les enfants.

