NapseflowNapseflow
Géopolitique

Au Venezuela, après le double séisme

Courrier International · mis à jour il y a 29 j

Deux semaines après le double séisme qui a tué plus de 3 600 personnes, et qui a fait un nombre encore incertain de disparus, les habitants de La Guaira, ville durement touchée par la catastrophe, tentent de reprendre le cours de leur vie au milieu d’un paysage marqué par la mort. Retour en vidéos..

Bilan humain des séismes

Le 24 juin 2024, le Venezuela a été frappé par un double séisme, une catastrophe naturelle où deux tremblements de terre surviennent à très peu de temps d’intervalle. Selon le ministère de l’Intérieur vénézuélien, le bilan officiel au 7 juillet 2024 fait état de 3 685 morts. Ce chiffre est provisoire et pourrait évoluer, car les recherches se poursuivent dans les zones dévastées. Par ailleurs, plus de 16 700 personnes ont été blessées, et près de 18 000 Vénézuéliens ont perdu leur logement. Le nombre de disparus reste incertain, mais des signalements recueillis par une initiative citoyenne via une plateforme en ligne laissent penser qu’il pourrait atteindre 30 000 personnes. Ces chiffres illustrent l’ampleur de la tragédie, qualifiée par les autorités de « pire catastrophe qu’ait connue le pays depuis le siècle dernier ».

Gestion des victimes

Pour gérer l’afflux de corps, deux sites provisoires ont été aménagés à La Guaira, une ville côtière très touchée. Le cimetière de La Esperanza, créé en urgence, accueille les victimes. Les corps y sont enterrés dans des tranchées marquées par des croix blanches numérotées, chacune associée à un dossier contenant des photos, des rapports et des documents d’identification. Certains corps sont identifiés, d’autres non, ce qui complique les démarches des familles. Par ailleurs, une morgue provisoire a été installée à ciel ouvert dans le port de Los Silos. Les survivants s’y rendent pour tenter de retrouver leurs proches parmi les cercueils entassés. Ces structures temporaires reflètent l’urgence de la situation et les défis logistiques pour traiter un nombre aussi élevé de victimes.

Recherches et controverses

Dans les quartiers ravagés par les séismes, les habitants, les proches des disparus et les secouristes continuent de fouiller les décombres. Leur objectif est double : retrouver des survivants ou, à défaut, récupérer les corps encore ensevelis. Cependant, les autorités ont commencé à recenser les bâtiments menaçant de s’effondrer en vue de leur démolition. Cette décision est contestée par certains habitants, qui craignent que des victimes soient encore sous les gravats. Une habitante a expliqué au micro d’un média : « Ils marquent des endroits sans vérifier s’il reste des corps. Nous ne pouvons pas accepter cela, car il reste tant de membres de nos familles à retrouver. » Ces tensions illustrent le dilemme entre la nécessité de sécuriser les zones et le respect des rites funéraires.

Ce que ça pourrait changer

Malgré l’ampleur de la catastrophe, des initiatives locales tentent d’apporter un peu de réconfort. Des bénévoles, déguisés en **clowns**, parcourent les rues de La Guaira avec des instruments de musique comme des tambours ou des guitares. Leur but est d’**arracher quelques sourires** aux enfants et aux adultes, encore sous le choc. Ces actions symbolisent la résilience des communautés face à l’adversité. Elles montrent aussi comment, dans l’urgence, la solidarité peut jouer un rôle clé pour soutenir le moral des survivants. Ces gestes, bien que modestes, apportent une lueur d’espoir dans un contexte marqué par la désolation et la perte.

Sujets complémentaires