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Géopolitique

“Nous avons été les victimes du terrorisme” : à l’ONU, le président iranien répond à Trump

Courrier International · mis à jour il y a 1 h

Mardi 22 septembre, dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies, le président américain a une nouvelle fois menacé d’“anéantir” l’Iran. Le président de la République islamique, Massoud Pezechkian, s’est exprimé à son tour aujourd’hui, en passant à l’offensive contre les États-Unis..

Contexte diplomatique tendu

Lors de l'Assemblée générale des Nations unies (ONU) le 23 septembre 2026, le président américain Donald Trump et le président iranien Massoud Pezechkian ont échangé des propos très durs. Trump a menacé l'Iran de l'anéantir lors de son discours la veille, tandis que Pezechkian a répondu avec fermeté le jour suivant. L'ONU est une organisation internationale créée en 1945 pour favoriser la paix et la coopération entre les pays. Chaque année, ses membres se réunissent à New York pour discuter des enjeux mondiaux. Cette tension s'inscrit dans un conflit récurrent entre les États-Unis et l'Iran, deux pays aux relations diplomatiques rompues depuis des décennies, malgré leurs liens économiques passés. Les menaces de Trump visent à montrer une posture de force, tandis que Pezechkian cherche à défendre la position de l'Iran face à ces pressions.

L'Iran se dit victime

Dans son discours, Pezechkian a affirmé que l'Iran était avant tout une victime du terrorisme, et non un État terroriste comme l'accusent les États-Unis. Pour appuyer son propos, il a évoqué une frappe meurtrière américaine contre une école de filles à Minab, en Iran, le 28 février 2026. Cette attaque avait causé la mort d'élèves et d'enseignants. Le président iranien a montré une photo des victimes pour illustrer son argument. Le terme terrorisme désigne ici des actes violents visant à semer la peur dans une population ou un pays. L'Iran utilise cette rhétorique pour justifier sa résistance face aux États-Unis et pour mobiliser l'opinion internationale. Cette stratégie vise à inverser la perception de l'Iran, souvent présenté comme un État soutenant des groupes armés.

Réponse iranienne aux menaces

Pezechkian a clairement indiqué que l'Iran ne se soumettrait pas aux pressions américaines, tout en réaffirmant sa volonté de dialogue. Il a lancé un message direct à Trump : « Trump doit comprendre l'Iran », soulignant que la République islamique reste ouverte à la diplomatie. Cependant, cette ouverture est conditionnée par le respect de sa souveraineté. Le discours a été marqué par une posture de résilience et de résistance, deux concepts centraux dans la politique iranienne depuis la révolution islamique de 1979. La délégation américaine a quitté la salle pendant le discours de Pezechkian, marquant une rupture symbolique. Cette réaction illustre l'escalade des tensions entre les deux pays, qui s'affrontent depuis des années sur des dossiers comme le nucléaire, les sanctions économiques et l'influence régionale.

Enjeux économiques sous-jacents

Selon Ali Rezaei-Yavari, spécialiste des affaires internationales basé à Téhéran, le principal défi pour l'Iran n'est pas seulement militaire, mais économique. Il évoque une « campagne de pression économique maximale » menée par les États-Unis, qui s'est avérée efficace. Les sanctions économiques imposées par Washington visent à affaiblir le régime iranien en limitant ses échanges commerciaux, notamment dans les secteurs pétrolier et financier. Ces mesures ont des conséquences directes sur la population iranienne, déjà touchée par une inflation élevée et des pénuries. L'Iran cherche donc à maintenir un équilibre entre résistance face aux pressions extérieures et nécessité de trouver des solutions diplomatiques pour atténuer l'impact de ces sanctions.

Ce que ça pourrait changer

Le discours de Pezechkian a envoyé un double message : d'une part, une fermeté affichée face aux États-Unis, avec des références à la résistance et à la souveraineté nationale ; d'autre part, une ouverture à la négociation pour éviter une escalade militaire. Cette stratégie reflète la complexité de la position iranienne, prise en étau entre les sanctions économiques et la nécessité de maintenir sa crédibilité sur la scène internationale. L'Iran mise sur la diplomatie pour réduire l'isolement imposé par les États-Unis, tout en préparant des plans de repli en cas d'aggravation de la crise. Cette approche vise à préserver le régime tout en évitant un conflit ouvert, qui serait dévastateur pour le pays.

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