Extremely Large Telescope : des cibles privilégiées pour la recherche de vie extraterrestre
Des scientifiques estiment que les exoplanètes du système TRAPPIST-1 sont des cibles prioritaires pour la recherche de vie extraterrestre. Elles pourront être observées grâce à l’Extremely Large Telescope, actuellement en construction au Chili..
L’Extremely Large Telescope (ELT), ou Télescope Extrêmement Grand en français, est un projet européen en construction au Chili, dans la cordillère des Andes. Prévu pour entrer en service en 2030, il sera le plus grand télescope terrestre jamais construit. Avec un miroir principal de 39 mètres de diamètre, il surpassera largement les télescopes existants, comme le James Webb Space Telescope (JWST), un télescope spatial. Contrairement à ce dernier, l’ELT sera situé sur Terre, ce qui lui permettra de capter plus de lumière et d’obtenir des images plus précises des exoplanètes, ces planètes situées en dehors de notre système solaire. Son coût et sa complexité en font un outil révolutionnaire pour l’astronomie.
Parmi les plus de 6 000 exoplanètes découvertes à ce jour, environ 70 seraient potentiellement habitables, c’est-à-dire capables d’abriter des formes de vie. Pour les étudier, les astronomes analysent leur atmosphère à la recherche de biosignatures, des molécules comme l’oxygène, la vapeur d’eau, le dioxyde de carbone ou le méthane, qui pourraient indiquer la présence de vie. Cependant, ces observations sont complexes et coûteuses en temps. L’ELT, équipé d’instruments comme le spectrographe Andes, permettra d’accélérer ces recherches en captant plus de lumière et en réduisant le temps nécessaire pour analyser ces atmosphères.
Face au nombre limité de planètes observables et à la durée des analyses, les chercheurs doivent établir des priorités. Une étude publiée dans The Astronomical Journal propose un classement des exoplanètes les plus prometteuses pour la recherche de biosignatures avec l’ELT. Parmi les candidates, les planètes TRAPPIST-1D et TRAPPIST-1E, qui orbitent autour de l’étoile TRAPPIST-1, se distinguent en tête de liste. Ces planètes, situées à environ 40 années-lumière de la Terre, sont considérées comme des cibles privilégiées en raison de leur potentiel habitable et de leur proximité relative.
Pour préparer ces observations, les chercheurs ont utilisé des modèles informatiques simulant le fonctionnement de l’ELT. Ces simulations ont permis d’estimer la qualité des observations futures et le nombre de transits nécessaires pour obtenir un signal clair. Cependant, ces modèles reposent sur des hypothèses optimistes, comme l’absence de nuages sur les planètes étudiées. Les résultats restent donc préliminaires et devront être affinés avec des modèles plus complexes avant 2030, date prévue pour la mise en service du télescope.
L’étude mentionnée a été menée par Evann Kurzawa, étudiant aux mines de Saint-Étienne et à Centrale Lyon, en collaboration avec d’autres chercheurs. Leur travail vise à optimiser l’utilisation de l’ELT en identifiant les exoplanètes les plus propices à la détection de biosignatures. Cette approche permet de maximiser les chances de succès des observations et de préparer au mieux la communauté scientifique à l’exploitation des données fournies par le télescope. Les résultats de cette étude seront publiés dans *The Astronomical Journal*, une revue scientifique spécialisée dans le domaine de l’astronomie.

