Dans un cimetière de Buenos Aires, un ancien tombeau transformé en boutique
Dehors les cercueils d’un ancien caveau familial du cimetière de la Recoleta : le gouvernement local de la capitale argentine a lancé un appel d’offres pour qu’y soit installé un kiosque proposant nourriture à emporter, souvenirs et services touristiques. Et cela ne plaît pas à tout le monde..
Le gouvernement de Buenos Aires a lancé un appel d'offres pour transformer un ancien caveau familial abandonné dans le cimetière de la Recoleta, l'un des plus célèbres d'Argentine, en une boutique. Ce local proposera de la nourriture et des boissons à emporter, des souvenirs ainsi que des visites touristiques nocturnes. La mairie justifie cette initiative par la nécessité de générer des revenus pour l'entretien et la conservation du cimetière. Cette décision, inédite en Argentine, a suscité une polémique parmi les habitants et les visiteurs, certains estimant que des activités commerciales sont inappropriées dans un lieu de recueillement comme un cimetière.
L'appel d'offres, publié fin juillet 2026, prévoit une cession de la gestion du caveau pour une durée de cinq ans. Le montant de la redevance mensuelle est fixé à 1,6 million de pesos argentins, soit environ 930 euros au taux de change de l'époque. En plus de cette somme fixe, le gestionnaire devra reverser au moins 20 % des revenus générés par les visites nocturnes. Ces fonds serviront à financer la maintenance et la préservation des lieux. Le projet inclut également la vente de produits alimentaires et de souvenirs, une première dans un cimetière argentin. La mairie, dirigée par Jorge Macri, un conservateur connu pour ses mesures d'austérité budgétaire, n'a pas tenu compte des critiques liées au respect des lieux de mémoire.
L'annonce a provoqué une vive controverse, notamment après qu'un journaliste a constaté le déplacement de plusieurs cercueils pour aménager l'espace. Cette image a choqué une partie de l'opinion publique, qui considère que transformer un caveau en commerce banalise la mémoire des défunts. Les détracteurs du projet soulignent que les cimetières sont des lieux de recueillement et de respect, où les activités commerciales sont généralement proscrites. La polémique s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour des politiques d'austérité menées par la mairie, perçues comme priorisant les recettes financières au détriment de la préservation du patrimoine culturel et historique.
Jorge Macri, maire de Buenos Aires et cousin de l'ancien président argentin Mauricio Macri, est connu pour ses positions conservatrices et ses mesures strictes de réduction des dépenses publiques. Son gouvernement cherche activement des sources de financement innovantes, y compris dans des lieux traditionnellement considérés comme non commerciaux. Cette initiative s'inscrit dans une logique de recherche de revenus supplémentaires pour pallier les difficultés budgétaires de la ville. Cependant, cette approche a été critiquée pour son manque de sensibilité envers les valeurs culturelles et historiques, notamment dans un pays où les cimetières comme celui de la Recoleta sont des symboles nationaux.

