Une chatte parmi les travailleurs temporaires de l’Estrie
Charles Milliard a visité jeudi les Serres St-Élie, à Sherbrooke..
Dans une pépinière de Sherbrooke, nommée Serres St-Élie, une chatte nommée Hola joue un rôle inattendu : elle protège les plants des rongeurs. Cette méthode traditionnelle, utilisée depuis des siècles en agriculture, permet d’éviter les dégâts causés par les souris ou les rats. Mélanie Grégoire, copropriétaire de l’entreprise, explique que cette pratique est courante dans le milieu, surtout lorsque les serres regorgent de végétaux. Hola, dont le nom rend hommage aux travailleurs étrangers temporaires embauchés par l’entreprise, incarne ainsi une solution locale et naturelle à un problème récurrent. Cette anecdote illustre aussi l’importance des animaux dans l’équilibre des écosystèmes agricoles, même si leur rôle est souvent moins médiatisé que celui des humains.
Les Serres St-Élie font face à une pénurie de main-d’œuvre, un défi majeur pour de nombreuses entreprises québécoises, notamment dans les secteurs agricoles et horticoles. Jean Grégoire, fondateur de l’entreprise, révèle que six travailleurs étrangers temporaires sont actuellement employés, mais que deux postes supplémentaires n’ont pas pu être pourvus cette année. Ces travailleurs, souvent issus de programmes de migration temporaire comme le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), sont essentiels pour combler les besoins saisonniers ou spécialisés. Leur absence menace la productivité et la croissance des entreprises, comme le souligne l’exaspération de Jean Grégoire. Cette situation met en lumière les tensions entre les besoins économiques locaux et les politiques migratoires en vigueur.
Lors d’une visite à Sherbrooke, Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec, a utilisé l’exemple des Serres St-Élie pour défendre sa position sur l’immigration. Il propose d’accueillir jusqu’à 70 000 immigrants permanents par an au Québec, soit le double de ce que propose le Parti québécois. Milliard met en avant le rôle clé des travailleurs étrangers temporaires, affirmant qu’ils « font vivre et prospérer » les entreprises locales. Il critique également le projet du Parti québécois, jugé défavorable à cette catégorie de travailleurs. Cependant, sur le nombre de travailleurs temporaires, il reste vague, indiquant vouloir garder ceux déjà présents sans s’engager sur un plafond maximal. Ce débat reflète les divergences entre les partis sur la gestion de l’immigration au Québec.
Mélanie Grégoire, copropriétaire des *Serres St-Élie*, a profité de la visite de Charles Milliard pour dénoncer la *lourdeur réglementaire* qui pèse sur son entreprise. Elle cite en exemple une norme gouvernementale imposant l’aménagement de *murs coupe-feu* dans ses serres, pourtant équipées de *gicleurs* (systèmes d’arrosage automatique anti-incendie). Pour elle, cette règle manque de *gros bon sens*, un terme utilisé pour décrire une approche pragmatique et adaptée aux réalités du terrain. Ces contraintes administratives, souvent perçues comme excessives, freinent l’efficacité des entreprises et illustrent les tensions entre les exigences légales et les besoins opérationnels. Ce sujet est un thème récurrent dans les discussions sur la compétitivité économique au Québec.

