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« On n’est pas à vendre » : les indemnités d’Alto peinent à convaincre des agriculteurs

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 1 j

Des centaines d’agriculteurs du Québec et de l’Ontario se sont réunis samedi à Rigaud pour manifester..

Manifestation à Rigaud

Des centaines d’agriculteurs du Québec et de l’Ontario se sont réunis le 19 septembre 2026 à Rigaud, une municipalité située à la frontière entre les deux provinces, pour manifester leur opposition au projet de train à grande vitesse (TGV) entre Québec et Toronto. Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de négociations tendues entre Alto, l’entreprise publique responsable du projet, et l’Union des producteurs agricoles (UPA), qui représente les agriculteurs. Le TGV, surnommé Alto, prévoit le passage de ses voies sur des terres agricoles, ce qui inquiète les producteurs. Karine Bercier, une agricultrice de Saint-Isidore en Ontario, a exprimé son refus catégorique de céder ses terres, soulignant que celles-ci sont destinées à la relève agricole. Elle a reçu six lettres d’Alto demandant un accès à ses propriétés, qu’elle a toutes refusées.

Expropriations et compensations

Alto propose des indemnités aux agriculteurs dont les terres seraient expropriées pour le tracé du TGV. Selon des informations obtenues par Radio-Canada, ces compensations pourraient atteindre jusqu’à 350 % de la valeur marchande des terres agricoles concernées. Par exemple, un propriétaire dont le terrain est évalué à 60 000 $ pourrait recevoir entre 200 000 $ et 220 000 $ en indemnités. Ces montants incluent non seulement la valeur du sol, mais aussi les pertes de récoltes et les conséquences sur les propriétés. Cependant, malgré ces offres financières, de nombreux agriculteurs, comme Karine Bercier, refusent catégoriquement l’idée de vendre leurs terres, les considérant comme un héritage à transmettre aux générations futures.

Position de l’UPA

L’Union des producteurs agricoles (UPA) joue un rôle central dans la contestation du projet. Son président général, Martin Caron, a participé à la manifestation et a réaffirmé que les agriculteurs ne sont pas motivés par l’argent, mais par la volonté de protéger leurs terres. L’UPA exige la suspension immédiate du projet dans son ensemble et demande au ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, d’être transparent sur les décisions. Martin Caron a également souligné que d’autres priorités, comme le logement, l’itinérance et les routes, pourraient bénéficier des financements publics dédiés au TGV. L’organisation critique le manque de détails publics sur le programme de compensation et les modalités d’expropriation.

Tracé et impacts limités

Alto affirme vouloir limiter l’impact du tracé du TGV sur les terres agricoles. Selon Caroline Des Rosiers, porte-parole de l’entreprise, moins de 5 % de la surface des propriétés serait acquise dans la majorité des cas. Alto a déjà acheté un premier terrain stratégique, sans préciser son emplacement, et recherche des experts en immobilier pour préparer les expropriations futures. La société promet de construire des passages supérieurs et inférieurs pour maintenir l’accès aux terres divisées par les voies ferrées. Cependant, des agriculteurs comme Karine Bercier doutent de l’efficacité de ces mesures, craignant des détours de 45 minutes aller-retour pour accéder à leurs terres, ce qui représenterait une perte de temps significative pour leurs activités.

Ce que ça pourrait changer

Le projet de TGV divise les partis politiques au Québec. La Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) soutiennent le projet, bien que ce dernier souhaite modifier le tracé pour réduire l’impact sur les terres agricoles. Québec solidaire (QS) et le Parti Québécois (PQ) appuient également le TGV, mais sous conditions : QS exige le respect des lois et du territoire québécois, tandis que le PQ propose que le Québec se retire du projet sous sa direction. Le Parti conservateur du Québec (PCQ) s’oppose quant à lui entièrement au projet d’Alto. Ces divergences politiques reflètent les tensions autour des priorités économiques et environnementales du Québec.

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