EN DIRECT | Réunion du Conseil de sécurité sur la Syrie
Le Conseil de sécurité se réunit, mercredi matin, sur la situation en Syrie. Suivez les temps forts en direct grâce à la Section de la couverture des réunions des Nations Unies..
En décembre 2024, le régime de Bachar Al-Assad est tombé après plus de dix ans de guerre civile en Syrie. Depuis, le pays montre des signes de normalisation : 2 millions de déplacés internes et 1,8 million de réfugiés sont rentrés volontairement, le nord-est kurde a été réintégré, les institutions syriennes ont repris leur fonctionnement et le pays a renoué avec les paiements internationaux via Visa et Mastercard. Pourtant, cette transition reste fragile. Malgré ces avancées, 90 % des Syriens vivent sous le seuil de pauvreté, selon l’ONU. Les prix du carburant, de l’alimentation et de l’électricité ont fortement augmenté, déclenchant des manifestations comme celles de septembre 2026, où des routes ont été bloquées et des convois de pétrole arrêtés dans le Nord-Est. La situation économique, politique et sécuritaire reste donc très instable.
La Syrie fait face à une flambée des prix du carburant : le diesel a augmenté de 40 % et l’essence de plus de 25 % en septembre 2026, provoquant des manifestations massives. Le coût du panier minimum de dépenses a grimpé de 33 % depuis juin 2025, rendant l’essence, la nourriture et l’électricité inaccessibles pour la majorité de la population. Environ 5,5 millions de Syriens sont toujours déplacés, dont 800 000 dans des camps, et seuls 18 % des réfugiés à l’étranger envisagent de rentrer. Le gouvernement tente de faire revenir les déplacés, mais sans logements, écoles ou eau potable, beaucoup risquent de repartir. La hausse du diesel aggrave aussi les difficultés agricoles, le pompage de l’eau et la production d’électricité, cruciales avant l’hiver.
Depuis la chute du régime, les mines et engins explosifs ont causé la mort de 880 personnes, dont 269 enfants, et blessé 1 616 autres. Ces vestiges de la guerre rendent la reconstruction encore plus difficile. Par exemple, les champs minés empêchent l’agriculture et l’accès à des zones habitées. Le gouvernement syrien a tenté de désamorcer cette menace, mais le processus est long et coûteux. Sans déminage efficace, la sécurité des populations et la reprise économique restent compromises. Les mines symbolisent aussi l’héritage des violences passées qui pèsent sur la transition actuelle.
Un pas important a été franchi dans le Nord-Est avec la dissolution des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, et leur intégration à l’armée syrienne en août 2026. Leur ancien commandant, Mazloum Abdi, est désormais conseiller présidentiel. Cette réunification militaire et administrative vise à rétablir l’autorité de l’État dans la province de Hassaké. Cependant, des questions persistent : quelle place pour la langue kurde, les institutions locales ou les combattantes des Unités de protection de la femme ? Dans le Sud, à Soueïda, majoritairement druze, la réunification est plus incertaine après des affrontements entre forces de sécurité et la Garde nationale liée au cheikh Hikmat Al-Hijri en septembre 2026.
Israël mène des incursions quasi quotidiennes en Syrie, notamment dans le Sud, à Qouneitra et dans l’ouest de Deraa. Ces opérations incluent des barrages temporaires, des perquisitions et des tirs d’artillerie. Le 9 septembre 2026, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou s’est rendu sur le mont Hermon, près de la frontière syrienne. L’ONU critique ces actions, estimant qu’elles ne résolvent pas les problèmes de sécurité à long terme et risquent d’aggraver les tensions. Les incursions israéliennes ajoutent une pression supplémentaire sur une transition syrienne déjà fragile, tant sur le plan sécuritaire qu’économique.
L’ONU joue un rôle central dans l’évaluation de la transition syrienne. Claudio Cordone, envoyé spécial adjoint, a souligné que les Syriens jugeront les progrès à l’aune de leur vie quotidienne : emplois, alimentation abordable, logement, électricité et services de base fonctionnels. Il a aussi mis en garde contre les risques de fragmentation intérieure et les dangers des actions militaires unilatérales, comme celles d’Israël. Tom Fletcher, chef des affaires humanitaires de l’ONU, a alerté sur le risque que les déplacés de retour deviennent à nouveau des déplacés si les conditions de vie ne s’améliorent pas. L’organisation appelle à une approche inclusive et progressive pour rétablir la confiance et l’autorité de l’État.

