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DROIT

EN DIRECT | Réunion du Conseil de sécurité sur la Syrie

Source unique·il y a 3 j

La Syrie, deux ans après la chute de Bachar Al-Assad, oscille entre une normalisation apparente et une crise économique qui menace de saper les fondements mêmes de sa transition. Entre hausse brutale des prix des carburants, tensions communautaires persistantes et pression israélienne, le Conseil de sécurité de l'ONU évalue une situation où les avancées institutionnelles et symboliques peinent à se traduire en amélioration concrète pour la population. L'enjeu n'est plus seulement politique, mais existentiel : comment éviter que la reconstruction ne devienne un leurre pour des Syriens toujours plus précaires ?

Quels événements récents illustrent la fragilité de la transition syrienne malgré les signes de normalisation ?

La hausse de 40 % du prix du diesel et de plus d'un quart celui de l'essence, décidée samedi, a provoqué les manifestations les plus étendues depuis la chute de Bachar Al-Assad en décembre 2024. Ces protestations, marquées par des blocages de routes et des incendies de pneus entre Damas et Alep, révèlent une précarité économique généralisée, avec 90 % des Syriens vivant sous le seuil de pauvreté. À cela s'ajoutent des tensions communautaires persistantes, comme à Soueïda, et des incursions israéliennes quasi quotidiennes dans le Sud.

Pourquoi le retour des déplacés et réfugiés en Syrie reste-t-il un pari risqué ?

Plus de 2 millions de déplacés internes et 1,8 million de réfugiés sont rentrés volontairement depuis décembre 2024, mais 5,5 millions de déplacés n'ont toujours pas regagné leur foyer, dont près de 800 000 dans des camps. Sans logements, écoles ou eau potable, ces retours pourraient n'être que temporaires : l'ONU avertit que ceux qui rentrent aujourd'hui risquent de devenir les déplacés de demain. La hausse du carburant aggrave cette précarité en menaçant l'agriculture, l'approvisionnement en eau et l'électricité, avec un panier de dépenses déjà 33 % plus cher depuis juin 2025.

Quels défis sécuritaires et politiques entravent la réunification du territoire syrien ?

Dans le Nord-Est, la dissolution des Forces démocratiques syriennes (FDS) et leur intégration à l'armée marquent une étape vers la réunification, mais soulèvent des questions sur la place des Kurdes, de leur langue et de leurs institutions locales. À Soueïda, les affrontements entre forces de sécurité et milices druzes illustrent une méfiance persistante envers l'autorité centrale. Par ailleurs, les incursions israéliennes dans le Sud, dénoncées par l'ONU, ajoutent une pression sécuritaire externe qui complique la stabilisation du pays.

Quel rôle joue l'ONU dans l'évaluation de la transition syrienne, et quels sont ses principaux constats ?

L'ONU, à travers ses envoyés comme Claudio Cordone et Tom Fletcher, souligne que la transition syrienne doit désormais se mesurer à l'aune des conditions de vie quotidiennes : emplois, alimentation, logement, électricité et services de base. L'organisation met en garde contre une normalisation superficielle, rappelant que 880 personnes, dont 269 enfants, ont été tuées par des mines depuis la chute du régime, et que les progrès économiques restent fragiles face à la hausse des prix et à la précarité généralisée.

Ce que ça pourrait changer

La transition syrienne pourrait s'enliser si les inégalités économiques et les tensions communautaires ne sont pas résolues rapidement, risquant de nourrir un nouveau cycle de violence ou d'exode. La pression israélienne, couplée à l'incapacité à garantir des services de base, pourrait aussi fragiliser davantage la légitimité des institutions syriennes. Enfin, l'échec à stabiliser la situation pourrait dissuader les Syriens de l'étranger de rentrer, privant le pays d'une main-d'œuvre et d'une expertise indispensables.

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