La loi Montagne favorisera « une colonisation par les résidences secondaires »
En passe d'être approuvée au Parlement, la nouvelle loi sur la montagne facilitera l'urbanisation de ces milieux naturels. Ce phénomène risque de devenir hors de contrôle, craint Francis Charpentier, vice-président de l'association Mountain Wilderness France.
La loi Montagne est un texte législatif français visant à encadrer le développement des territoires de montagne, souvent confrontés à des enjeux spécifiques comme l'urbanisation, le tourisme ou la préservation des paysages. Ce projet de loi, actuellement en discussion, cherche à adapter les règles d'urbanisme pour répondre aux besoins locaux. Parmi ses mesures, elle prévoit notamment de faciliter la construction de logements, y compris des résidences secondaires, dans ces zones. Cette loi s'inscrit dans un contexte où les zones montagneuses attirent de plus en plus d'habitants et de touristes, ce qui peut entraîner des tensions sur les prix de l'immobilier et la disponibilité des logements pour les résidents permanents.
L'article souligne une colonisation par les résidences secondaires, c'est-à-dire une augmentation significative du nombre de logements vacants ou utilisés uniquement pour des séjours temporaires, souvent par des propriétaires extérieurs à la région. En France, ces résidences représentent déjà une part importante du parc immobilier dans les zones montagneuses, avec des proportions pouvant atteindre jusqu'à 50 % dans certaines communes. Cette tendance est alimentée par la demande croissante de logements de loisirs, notamment dans des territoires perçus comme attractifs pour leur cadre naturel. Les auteurs de l'article craignent que cette dynamique ne réduise l'offre de logements disponibles pour les habitants permanents, aggravant ainsi les problèmes de logement et de pression immobilière.
La multiplication des résidences secondaires pose plusieurs défis pour les populations locales. D'abord, elle peut entraîner une hausse des prix de l'immobilier, rendant l'accès à la propriété ou à la location plus difficile pour les résidents permanents. Ensuite, elle contribue à une désertification des services publics dans certaines zones, car les propriétaires de résidences secondaires n'ont pas toujours besoin des mêmes infrastructures que les habitants permanents (écoles, transports, commerces). Enfin, cette dynamique peut modifier le tissu social des territoires, avec une population plus mobile et moins ancrée localement. Ces effets sont particulièrement marqués dans les zones rurales ou isolées, où les ressources sont déjà limitées.
Plusieurs associations de protection de l'environnement et de défense des droits des habitants dénoncent les orientations de la loi Montagne. Elles estiment que le texte favorise avant tout les intérêts des investisseurs immobiliers et des propriétaires de résidences secondaires, au détriment des résidents permanents et de la préservation des paysages. Ces associations pointent notamment le manque de mesures contraignantes pour limiter la spéculation immobilière ou protéger les zones naturelles. Elles craignent également que la loi ne renforce les inégalités sociales en rendant les territoires montagneux inaccessibles aux classes moyennes et populaires, tout en profitant aux plus aisés.
L'article cite des exemples précis pour illustrer les risques liés à la loi Montagne. Par exemple, dans certaines communes des Alpes ou des Pyrénées, la part des résidences secondaires dépasse déjà 40 % du parc immobilier. Ces territoires voient leur population diminuer en hiver, lorsque les résidences secondaires sont inoccupées, ce qui pose des problèmes pour l'entretien des infrastructures et la vitalité économique locale. De plus, les prix de l'immobilier y sont souvent 20 à 30 % plus élevés que dans les zones urbaines voisines, en raison de la demande touristique. Ces dynamiques illustrent les tensions entre attractivité touristique et besoins des habitants permanents.

