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Culture

Tardigrades : observations sous microscope de spécimens

France Culture - Savoirs · mis à jour 21 sept.

Les tardigrades sont des espèces extrêmophiles, mais peuplent en réalité quasiment tous les milieux de la planète, des fonds océaniques aux montagnes. C’est pourquoi il est aisé d’en trouver dans nos écosystèmes et de les cultiver en laboratoire pour mieux les étudier..

Des animaux microscopiques

Les tardigrades, aussi appelés oursons d’eau en raison de leur apparence sous microscope, sont des micro-organismes mesurant moins d’un millimètre. Ces créatures, souvent méconnues, possèdent une particularité remarquable : elles sont capables de survivre dans des conditions extrêmes, comme le vide spatial, des températures allant de -272°C à 150°C, ou encore des pressions six fois supérieures à celles des fonds océaniques. Leur résistance exceptionnelle en fait des extrêmophiles, un terme désignant des espèces adaptées à des environnements hostiles. Pourtant, malgré leur réputation de survivants invincibles, les tardigrades peuplent presque tous les milieux de la planète, des montagnes aux océans. Cette ubiquité les rend faciles à observer et à étudier en laboratoire, où ils sont élevés dans des boîtes contenant de l’eau minérale et des algues, leur principale source de nourriture.

Un laboratoire dédié

Au Muséum national d’Histoire naturelle, le chercheur Quentin Helleux, membre de l’équipe Structure et Instabilité des Génomes, cultive plusieurs espèces de tardigrades dans son laboratoire. Ces micro-organismes sont placés dans des étuves, des enceintes thermostatées qui maintiennent une température et une humidité constantes, idéales pour leur développement. Sous le microscope, les scientifiques peuvent observer leur comportement, comme la digestion de micro-algues ou la gestation de nouveaux individus. Ces observations morphologiques, c’est-à-dire l’étude de leur forme et de leur structure, sont complétées par des analyses génomiques, qui permettent de décrypter leur ADN. Ces recherches visent à répondre à des questions fondamentales sur leur évolution, leur mode de reproduction, et leur capacité à s’adapter à des conditions extrêmes.

Reproduction et diversité

Les tardigrades présentent une grande diversité dans leurs modes de reproduction. Certains se reproduisent par parthénogenèse, un processus où les femelles donnent naissance à des descendants sans fécondation par un mâle. D’autres utilisent le clonage, produisant des copies génétiquement identiques d’eux-mêmes. Enfin, certains tardigrades pratiquent la reproduction sexuée, nécessitant l’union d’un mâle et d’une femelle. Ces différentes stratégies reproductives permettent aux tardigrades de coloniser une grande variété d’environnements et d’assurer leur survie même dans des conditions difficiles. Les analyses génomiques menées par Quentin Helleux et son équipe cherchent à comprendre comment ces mécanismes évoluent et s’adaptent au fil du temps.

Ce que ça pourrait changer

Les travaux sur les tardigrades s’inscrivent dans un cadre plus large de recherches menées par des équipes pluridisciplinaires. Au Muséum national d’Histoire naturelle, les scientifiques combinent des observations microscopiques avec des analyses génétiques pour percer les mystères de ces micro-organismes. Ces études ne se limitent pas à la biologie : elles pourraient aussi avoir des implications en médecine, notamment dans la compréhension des mécanismes de résistance au stress cellulaire. Les tardigrades servent ainsi de modèle pour explorer des questions fondamentales en biologie évolutive et en génétique. Leur étude illustre comment des créatures apparemment simples peuvent révéler des secrets sur la vie elle-même.

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