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Mouvement lycéen en France : l’usage des grenades assourdissantes suspendu

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 7 j

Un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée après l'utilisation de cette arme par les forces de l'ordre..

Suspension des grenades

Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé la suspension immédiate de l’usage des grenades assourdissantes (appelées aussi grenades de désencerclement ou GLI-F4), un équipement utilisé par les forces de l’ordre lors des manifestations. Cette décision concerne spécifiquement le mouvement lycéen actuel en France. Elle intervient après qu’un lycéen de 15 ans a perdu sa main lors d’un incident impliquant une grenade le 2 octobre 2026. Ces grenades sont conçues pour produire un bruit assourdissant et une lumière intense afin de disperser les foules, mais elles peuvent causer des blessures graves en cas de mauvaise utilisation. Le ministre a justifié cette suspension par la nécessité de faire la lumière sur les circonstances de l’accident, tout en précisant que 18 enquêtes ont été confiées à l’inspection générale de la police nationale (IGPN), souvent surnommée la « police des polices ». Cette instance est chargée d’enquêter sur les éventuelles fautes professionnelles des forces de l’ordre.

Violences policières dénoncées

Les manifestations lycéennes en France, qui se poursuivent depuis plusieurs jours, s’accompagnent de critiques envers le comportement des forces de l’ordre. De nombreux manifestants brandissent des slogans et des pancartes accusant la police de violences policières, un terme qui désigne les interventions excessives ou abusives des agents lors des rassemblements. Ces accusations ont été renforcées par l’incident du lycéen blessé, ainsi que par d’autres cas présumés de brutalité. Les syndicats d’enseignants, comme le SNES-FSU (Syndicat national des enseignements de second degré), soutiennent les lycéens dans leur mobilisation. Ce syndicat, l’un des plus importants en France, représente les professeurs du secondaire et a appelé à une nouvelle journée de protestation le 8 octobre 2026. Les enseignants réclament notamment plus de moyens pour l’éducation, un thème central des revendications lycéennes.

Revendications des lycéens

Les lycéens français manifestent principalement contre les conditions de vie dans leurs établissements. Leurs revendications portent sur l’insalubrité des bâtiments scolaires, c’est-à-dire leur état de dégradation ou de saleté, ainsi que sur les classes surchargées (trop d’élèves par classe) et l’absence de professeurs non remplacés (postes vacants non pourvus). Ces problèmes, selon eux, nuisent à la qualité de l’enseignement. Malgré les appels du gouvernement à retourner en classe pour dialoguer, les lycéens maintiennent leurs blocages et prévoient de nouveaux cortèges le 8 octobre 2026. Leur mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large de mécontentement social, incluant aussi des revendications liées aux prix des carburants et à la crise agricole.

Réaction du Premier ministre

Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a pris la parole le 7 octobre 2026 pour évoquer la crise lycéenne, mais aussi d’autres sujets de préoccupation nationale comme les prix des carburants, la crise agricole et la situation financière du pays. Il a adopté un ton ferme face aux débordements lors des manifestations, tout en accusant le parti La France insoumise (LFI), un mouvement de gauche, de « souffler sur les braises » et de « bordéliser le pays ». Ces termes désignent une stratégie politique visant à attiser les tensions. Le Premier ministre intervient alors que les débats budgétaires pour 2027 s’annoncent tendus. Sur le front économique, le gouvernement a annoncé des aides ciblées pour réduire le coût des carburants, dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le G7, dont la France assure la présidence, a également décidé de libérer des stocks stratégiques de gazole pour faire baisser les prix.

Ce que ça pourrait changer

Les syndicats agricoles français expriment leur colère face au projet de budget 2027, qu’ils jugent insuffisant pour répondre à leurs besoins. Ils dénoncent l’absence de *plan de relance* promis par le gouvernement, alors que l’été 2026 a été marqué par des conditions climatiques extrêmes : *canicules à répétition* et *sécheresse*, qui ont fortement affecté les récoltes. Ces phénomènes, liés au changement climatique, ont aggravé la crise du secteur agricole. Les syndicats, unanimes dans leur opposition, estiment que le budget ne prévoit pas les mesures nécessaires pour soutenir les agriculteurs. Cette crise s’ajoute aux tensions sociales actuelles, notamment celles des lycéens et des forces de l’ordre, dans un contexte politique tendu à quelques mois de l’*élection présidentielle de 2027*.

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