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Des chercheurs se feront prisonniers des glaces pour étudier l’Arctique

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 21 j

Un chercheur de T.-N.-L. participera pendant 8 mois à cette mission scientifique internationale..

Mission Tara Polaris

Douze personnes, dont six scientifiques et quatre membres d’équipage, quitteront Tromsø en Norvège le 11 août 2026 à bord du Tara Polar Station, un navire-laboratoire français de 27 mètres. Leur objectif est de s’aventurer au cœur de l’Arctique pour étudier les écosystèmes de cette région et analyser les effets des changements climatiques. Cette expédition marque le début du programme Tara Polaris, une initiative scientifique s’étalant sur 20 ans, jusqu’en 2046. Le navire se laissera emprisonner par les glaces une fois arrivé dans l’Arctique central, permettant aux chercheurs d’établir un camp de recherche sur la banquise pour mener leurs expériences. Le Canada participe à cette mission avec Maxime Geoffroy, chercheur à l’Institut maritime de l’Université Memorial de Terre-Neuve-et-Labrador, qui sera à bord pendant huit mois.

Protocoles scientifiques

L’équipe à bord du Tara Polar Station devra réaliser 220 protocoles scientifiques fournis par 80 scientifiques issus de 13 pays et 30 institutions internationales. Ces protocoles visent à étudier la biodiversité et les transformations de l’Arctique, une région où les effets du réchauffement climatique sont particulièrement rapides et profonds. Maxime Geoffroy compare cette mission à la Station spatiale internationale, soulignant que les chercheurs à bord doivent travailler de manière autonome pour contribuer à une vision globale des écosystèmes arctiques. L’objectif est de compléter les observations limitées à la période estivale, souvent réalisées en septembre lorsque la banquise atteint son minimum annuel.

Conditions extrêmes

L’expédition affrontera des conditions extrêmes, avec des températures pouvant descendre jusqu’à -40°C ou -50°C, ainsi que la nuit polaire, une période de plusieurs mois sans lumière du jour. Les chercheurs devront également faire face à la présence d’ours polaires, ce qui impose des protocoles de sécurité stricts. Un chien berger finlandais accompagnera l’équipe pour alerter en cas d’approche d’ours polaires et contribuer au moral des membres. Un médecin fera également partie de l’expédition pour assurer les premiers soins, les secours pouvant mettre plus d’une semaine à atteindre le navire en raison de l’isolement de la région.

Préparation et défis

L’équipe a été formée pour gérer les urgences, notamment les incendies ou les problèmes de santé, et a subi des évaluations psychologiques et physiques rigoureuses pour s’assurer de sa capacité à vivre dans un espace confiné avec 11 autres personnes. Les défis logistiques incluent la gestion des bris techniques en l’absence de soutien extérieur. Maxime Geoffroy, bien que préparé depuis quatre ans, exprime une nervosité légitime face à l’inconnu, soulignant que cette première dérive du navire représente une aventure à la fois scientifique, humaine et logistique sans précédent.

Ce que ça pourrait changer

L’Arctique central est une région peu étudiée sur de longues périodes en raison de son accès difficile et de ses conditions hostiles. La majorité des recherches actuelles se concentrent sur la période estivale, entre fin août et début septembre, lorsque la banquise est à son minimum. Cette expédition vise à combler ce manque en restant immobilisée dans les glaces pendant plusieurs mois, permettant d’observer les transformations saisonnières complètes de l’écosystème. Le navire retournera dans la région tous les deux ans jusqu’en 2046 pour suivre ces changements sur une période de 20 ans.

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