Cancer : les personnes sous antidépresseurs survivraient davantage aux immunothérapies, selon une étude taiwanaise
Les malades du cancer qui prenaient des antidépresseurs ISRS pendant leur immunothérapie sont morts moins souvent en deux ans. L'écart atteint onze points.
Une étude menée à Taïwan a révélé un lien surprenant entre la prise d'antidépresseurs et une meilleure survie des patients atteints de cancer sous immunothérapie. Les chercheurs ont analysé les données de milliers de patients traités pour différents types de cancers, en comparant ceux qui prenaient des antidépresseurs à ceux qui n'en prenaient pas. Les résultats montrent que les patients sous antidépresseurs avaient un taux de survie significativement plus élevé après un traitement par immunothérapie. Cette étude, publiée en 2026, soulève des questions sur les mécanismes biologiques en jeu, mais ne permet pas encore d'affirmer un lien de cause à effet direct. Les antidépresseurs étudiés incluent principalement des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), une classe courante de médicaments prescrits pour traiter la dépression et certains troubles anxieux.
L'immunothérapie est une approche révolutionnaire dans le traitement du cancer, qui consiste à stimuler le système immunitaire du patient pour qu'il attaque les cellules cancéreuses. Contrairement à la chimiothérapie, qui détruit aussi les cellules saines, l'immunothérapie cible spécifiquement les cellules tumorales. Elle est souvent utilisée pour des cancers avancés ou résistants aux autres traitements. Cette méthode a transformé la prise en charge de certains cancers, comme le mélanome ou le cancer du poumon, en offrant des taux de survie plus élevés et une meilleure qualité de vie. Cependant, tous les patients ne répondent pas de la même manière à ce traitement, ce qui explique l'intérêt des chercheurs pour des facteurs pouvant améliorer son efficacité.
Les antidépresseurs, en particulier les ISRS, pourraient jouer un rôle indirect dans l'amélioration des résultats de l'immunothérapie. Une hypothèse avancée est que ces médicaments pourraient moduler l'activité du système immunitaire, le rendant plus efficace pour cibler les cellules cancéreuses. Les ISRS agissent en augmentant les niveaux de sérotonine, un neurotransmetteur impliqué dans la régulation de l'humeur, mais aussi dans le fonctionnement du système immunitaire. L'étude taïwanaise suggère que les patients sous ISRS pourraient avoir une réponse immunitaire plus robuste, ce qui expliquerait leur meilleure survie. Cependant, ces résultats nécessitent des recherches supplémentaires pour confirmer le mécanisme exact et écarter d'autres facteurs confondants, comme l'état général des patients ou d'autres traitements concomitants.
Bien que les résultats de l'étude soient prometteurs, plusieurs limites doivent être prises en compte. Tout d'abord, il s'agit d'une étude observationnelle, ce qui signifie qu'elle ne peut pas prouver un lien de cause à effet entre la prise d'antidépresseurs et une meilleure survie. D'autres facteurs, comme l'âge, le type de cancer ou d'autres médicaments, pourraient influencer les résultats. De plus, l'étude a été menée à Taïwan, et il n'est pas certain que les mêmes effets soient observés dans d'autres populations ou contextes médicaux. Enfin, les chercheurs soulignent que ces résultats ne doivent pas inciter les patients à prendre des antidépresseurs sans avis médical, car ces médicaments ont leurs propres effets secondaires et ne sont pas conçus pour traiter le cancer.
Les auteurs de l'étude appellent à des recherches supplémentaires pour explorer le lien entre les antidépresseurs et l'immunothérapie. Des essais cliniques randomisés, où les patients seraient répartis aléatoirement pour recevoir ou non des antidépresseurs en plus de leur traitement contre le cancer, pourraient fournir des preuves plus solides. Ces études permettraient de déterminer si les antidépresseurs améliorent réellement l'efficacité de l'immunothérapie, et si oui, par quels mécanismes. En attendant, les patients et les médecins doivent continuer à suivre les recommandations médicales existantes et ne pas modifier leur traitement sans consultation préalable.

