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Géopolitique

Ces pays africains qui accueillent les expulsés de Donald Trump

Courrier International · mis à jour il y a 8 j

Dix pays africains sont à présent des “pays tiers” où atterrissent des personnes expulsées des États-Unis par l’administration Trump. En cédant à un système d’accords opaques imposés par Washington, ces pays banalisent une politique migratoire d’externalisation dénoncée par les organisations de protection des droits humains..

Accords migratoires opaques

Depuis janvier 2025, l’administration de Donald Trump a passé des accords secrets avec 35 pays, dont 10 en Afrique, pour y expulser des migrants sous le nom de "pays tiers". Ces pays acceptent d’accueillir des personnes expulsées des États-Unis, souvent sans lien avec eux, en échange de compensations non précisées. Par exemple, Washington pourrait financer des forces de sécurité locales, assouplir des visas ou réduire des droits de douane. Ces accords sont critiqués pour leur manque de transparence et leur caractère potentiellement coercitif, car les pays concernés subissent une pression accrue de la part des États-Unis pour y participer.

Le Liberia premier concerné

Le Liberia est devenu le dernier pays africain en date à signer un tel accord, annoncé le 18 août 2026. Il s’engage à accueillir jusqu’à 1 200 migrants expulsés des États-Unis d’ici un an. Un premier groupe de 20 personnes est arrivé le 20 août sans savoir s’ils bénéficieront d’une protection ou d’un statut légal. Le gouvernement libérien affirme que cet accord est "entièrement humanitaire", sans contrepartie financière directe, mais reconnaît recevoir un soutien américain pour gérer le programme et renforcer son système migratoire. Cependant, les détails de cette aide restent flous, notamment sur son financement (logement, soins, sécurité, etc.).

Autres pays africains impliqués

D’autres pays africains ont déjà accepté ce type d’accords sous la pression de Washington. Le Ghana a accueilli une quarantaine de migrants en octobre 2025, le Soudan du Sud en mai 2025, l’Ouganda en août 2025 et le Cameroun entre janvier et février 2026. Selon un rapport des sénateurs démocrates publié en février 2026, "des dizaines d’accords supplémentaires sont attendus dans les mois à venir". Entre janvier 2025 et août 2026, plus de 23 000 personnes ont été transférées de force vers 26 pays tiers, dont 330 en Afrique. Ces expulsions concernent des migrants souvent sans lien avec les pays de destination, ce qui soulève des questions sur leur intégration et leurs droits.

Critiques des droits humains

Les organisations de défense des droits humains dénoncent cette politique d’externalisation des expulsions, qui banalise une approche migratoire jugée inhumaine. Les migrants arrivés dans ces pays tiers sont parfois placés en détention sans raison claire, sans accès à des procédures d’asile ou à une protection juridique. Par exemple, Human Rights First, une ONG spécialisée, souligne que ces accords manquent de garanties pour les personnes expulsées, qui se retrouvent dans des pays où elles n’ont ni famille ni repères. Les compensations promises par les États-Unis (soutien logistique, financier ou diplomatique) restent souvent floues, ce qui alimente les suspicions de transactions opaques.

Ce que ça pourrait changer

Cette politique s’inscrit dans la continuité de la lutte contre l’immigration clandestine menée par l’administration Trump, revenue au pouvoir en janvier 2025. L’objectif affiché est de réduire les flux migratoires vers les États-Unis en externalisant les expulsions vers des pays tiers, souvent plus pauvres et moins équipés pour gérer ces arrivées. Les pays africains, sous pression diplomatique et économique, sont ciblés car ils sont perçus comme des destinations *"acceptables"* par l’administration américaine. Cependant, leur participation à ces accords soulève des débats sur leur souveraineté et les risques de dépendance accrue vis-à-vis des États-Unis.

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