Quels sont les mystères de l’Univers que le télescope Nancy-Grace-Roman promet de percer ?
Alors que le télescope spatial Nancy-Grace-Roman a commencé son voyage cosmique dimanche 30 août, la presse internationale s’enthousiasme déjà en évoquant les retombées scientifiques de cette nouvelle mission..
Le télescope spatial Nancy-Grace-Roman a été lancé le dimanche 30 août 2026 à 7 h 26 depuis le centre spatial Kennedy en Floride, à bord d'une fusée SpaceX. Après un voyage de cent jours, il se placera au point Lagrange L2, situé à 1,5 million de kilomètres de la Terre en direction de Mars. Ce point est stratégique car les forces gravitationnelles du Soleil et de la Terre s'y annulent, permettant une observation stable. La mission, nommée en hommage à l'astronome américaine Nancy Grace Roman (1925–2018), devrait durer au moins cinq ans. Les premières images sont attendues début 2027. Ce télescope s'ajoute à deux autres observatoires majeurs : l'observatoire Vera-C.-Rubin au Chili et le télescope spatial Euclid de l'Agence spatiale européenne, lancé en 2023.
Le télescope Nancy-Grace-Roman est équipé de la plus grande caméra infrarouge numérique jamais construite, appelée Wide Field Instrument, ainsi que d'un miroir géant initialement développé pour un satellite espion. Sa résolution est comparable à celle du télescope Hubble, mais son champ de vision est 100 fois plus large. Il est capable de cartographier le ciel en un mois une observation qui prendrait un siècle à Hubble. Cette rapidité et cette précision en font un outil révolutionnaire pour l'astronomie. Il complète ainsi les missions des télescopes Vera-C.-Rubin et Euclid, formant un trio d'observatoires dédiés à l'étude de l'Univers.
Le télescope Roman embarque un coronographe expérimental, un instrument optique conçu pour masquer la lumière des étoiles et révéler les objets moins lumineux autour d'elles. Grâce à ce dispositif, il pourra détecter des exoplanètes 100 millions de fois moins lumineuses que leur étoile. Le coronographe crée une sorte d'éclipse artificielle, réduisant l'éblouissement stellaire pour observer les planètes en orbite. Un système de miroir déformable et un traitement algorithmique des données permettent de ne conserver que les pixels pertinents. La Nasa estime que ce télescope pourrait multiplier par 16 le nombre d'exoplanètes connues, passant de 6 000 à 100 000.
L'un des objectifs principaux du télescope Roman est d'étudier la *matière noire*, une substance invisible qui n'interagit pas avec la lumière mais exerce une influence gravitationnelle sur les objets cosmiques. Grâce à la caméra *Wide Field Instrument*, il permettra de cartographier en trois dimensions la distribution de cette matière, révélée par la déformation des objets lointains sous son effet gravitationnel. Le télescope étudiera également l'*énergie noire*, une force inconnue accélérant l'expansion de l'Univers. En analysant le *décalage vers le rouge* des objets célestes — un phénomène où la lumière s'étire vers des longueurs d'onde plus rouges à mesure que l'objet s'éloigne — les scientifiques pourront mieux comprendre le rôle de l'énergie noire et de la gravité dans l'évolution de l'Univers.

