"La Ligne bleue", de Marie Dumora
A travers l'empreinte qu'il a laissé, de génération en génération, sur les habitants alentour et sur le paysage, "La Ligne bleue" fait ressurgir la mémoire du camp de concentration du Struthof, le seul construit par les nazis sur le territoire français actuel..
Le film La Ligne bleue, réalisé par la cinéaste Marie Dumora, explore la mémoire du camp de concentration du Struthof, le seul construit par les nazis sur le territoire français actuel. Sorti en salles cette semaine, ce documentaire recueille les témoignages des habitants des environs et de leurs descendants, qui ont vécu aux abords de ce lieu chargé d’histoire. Le Struthof, situé en Alsace, est un site symbolique de la déportation et de la barbarie nazie, souvent moins connu que d’autres camps en raison de sa localisation géographique spécifique. Le film s’appuie sur la transmission orale et les traces laissées par ce passé dans le paysage et les mémoires locales, révélant ainsi une histoire longtemps enfouie ou ignorée.
Marie Dumora, réalisatrice du film, est une cinéaste française qui a consacré les 25 dernières années de sa carrière à explorer l’Est de la France, et plus particulièrement l’Alsace, comme terrain d’étude et de création. Son travail se concentre souvent sur des thèmes liés à l’histoire, à la mémoire et aux transformations sociales de cette région. Dans La Ligne bleue, elle utilise le cinéma comme outil de transmission pour donner la parole à ceux qui ont été directement ou indirectement marqués par l’existence du camp du Struthof. Le film s’inscrit dans une démarche de préservation de la mémoire collective, en mettant en lumière des récits personnels et familiaux qui éclairent l’impact durable de ce lieu sur les générations successives.
Le camp de concentration du Struthof, également connu sous le nom de Natzweiler-Struthof, a été établi par les nazis en 1941 dans une région annexée par l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit du seul camp de concentration construit sur le sol français actuel, bien que situé en Alsace, alors intégrée au Reich allemand. Ce camp a servi de centre de détention, de travail forcé et d’extermination pour des déportés politiques, des résistants et des Juifs, parmi d’autres groupes persécutés. Le Struthof est aujourd’hui un lieu de mémoire et de commémoration, mais son histoire reste moins médiatisée que celle d’autres camps, comme Auschwitz ou Dachau, en raison de son emplacement géographique et de son contexte historique spécifique.
Le film La Ligne bleue se distingue par sa focalisation sur la transmission de la mémoire du Struthof à travers les générations. Marie Dumora recueille les récits de descendants d’anciens déportés, de témoins indirects ou de familles ayant vécu à proximité du camp, révélant comment ce passé a marqué les paysages, les traditions locales et les récits familiaux. L’objectif est de montrer que la mémoire d’un lieu comme le Struthof ne se limite pas à son histoire officielle, mais s’étend à travers les souvenirs, les silences et les récits partagés au sein des communautés. Ce travail cinématographique met en lumière l’importance de préserver ces témoignages pour éviter l’oubli et comprendre les conséquences durables de la barbarie nazie.
Le film *La Ligne bleue* est sorti en salles cette semaine, marquant ainsi une nouvelle étape dans la carrière de Marie Dumora et dans la diffusion de son travail. Le documentaire s’inscrit dans une démarche de vulgarisation historique et mémorielle, visant un public large et non spécialisé. Il s’ajoute à une série de productions cinématographiques et documentaires qui explorent les traces de l’Histoire dans les territoires, comme en témoignent les références citées dans l’article, telles que *Shoah* ou *Holocauste*. La sortie du film coïncide avec une période où la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah reste un enjeu culturel et éducatif majeur, notamment en France.

