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Culture

Autour de l'achat du cuivre de Bertolt Brecht

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 4 h

Les Fictions Théâtre consacrent cette année un cycle de soirées, à l’œuvre de Bertolt Brecht à l’occasion des 70 ans de sa mort..

Bertolt Brecht et son œuvre

Bertolt Brecht (1898-1956) est un dramaturge, poète et metteur en scène allemand, figure majeure du théâtre du XXe siècle. Exilé pendant la Seconde Guerre mondiale, il fonde en 1949 à Berlin-Est le Berliner Ensemble, un théâtre engagé qui révolutionne les techniques de représentation. L'Achat du cuivre est un texte inachevé de Brecht, travaillé sur plusieurs périodes entre 1938 et 1955. Ce texte, à la fois littéraire et expérimental, reflète ses réflexions sur le théâtre et la société. Il n'est pas un manifeste théorique, mais un laboratoire d'idées où Brecht teste des formes narratives et des dialogues, inspirés notamment par des échanges avec ses collaborateurs comme Margarete Steffin ou Charles Laughton. Le titre évoque une métaphore sur la valeur et l'échange, centrale dans sa réflexion artistique.

Évolution du texte

Le projet de L'Achat du cuivre évolue considérablement entre 1938 et 1955. Dans un premier temps (1938-1941), Brecht s'inspire des dialogues galiléens, des échanges à trois personnages comme dans La Vie de Galilée. Entre 1941 et 1942, il adopte une forme plus épurée, proche des dialogues d'exilés, avec deux personnages seulement, reflétant ses années de fuite face au nazisme. Après 1945, le texte se diversifie : certains passages deviennent des poèmes ou des textes en prose, tandis que d'autres abordent des questions pratiques liées à la gestion du Berliner Ensemble. Ces transformations illustrent comment Brecht adapte son écriture aux contraintes de l'exil, puis à celles de la RDA, un État socialiste issu de la guerre.

Révolution théâtrale

Brecht cherche à opérer une révolution copernicienne dans le théâtre, en s'inspirant de la théorie de Galilée qui place le soleil au centre du système solaire. Pour Brecht, il s'agit de déplacer l'attention du héros vers les forces historiques et sociales qui le déterminent. Dans La Vie de Galilée, par exemple, le personnage principal n'est pas un héros classique, mais un savant confronté aux pouvoirs politiques et religieux. Cette approche, dite matérialiste, vise à montrer que les individus sont façonnés par leur époque. Brecht critique ainsi le théâtre traditionnel, qu'il qualifie de ptoléméen (centré sur le héros), pour lui préférer une dramaturgie où l'histoire prime.

Critique de l'illusion

Brecht développe une critique de l'illusion théâtrale et de l'identification du public au héros. Il distingue deux formes d'illusion à combattre : celle du théâtre naturaliste, qui cherche à faire croire à la réalité de la scène, et celle des spectacles de propagande nazis, qui manipulent les émotions pour servir une idéologie. Sa méthode, dite effet de distanciation (ou Verfremdungseffekt en allemand), consiste à empêcher le spectateur de s'identifier trop facilement au personnage. Par exemple, dans La Résistible ascension d'Arturo Ui, les acteurs brisent régulièrement l'illusion en s'adressant directement au public ou en changeant de rôle. Cette approche analytique vise à rendre le public plus critique face aux mécanismes du pouvoir.

Postérité et héritage

Après la mort de Brecht en 1956, ses idées sont reprises et théorisées par ses successeurs, notamment au Berliner Ensemble. Certains en font une doctrine rigide, transformant sa méthode en une orthodoxie ou même une théologie. Pourtant, Brecht lui-même voyait son travail comme une expérimentation constante, jamais figée. Les émissions de Fictions Théâtre sur France Culture explorent cette tension entre l'héritage vivant de Brecht et les interprétations parfois dogmatiques qui en ont été faites. L'émission du 20 septembre 2026 s'inscrit dans ce cycle, en utilisant L'Achat du cuivre comme miroir de ses grandes pièces pour éclairer sa pensée.

Ce que ça pourrait changer

L'émission *Autour de l'achat du cuivre de Bertolt Brecht*, diffusée le 20 septembre 2026 sur France Culture, s'inscrit dans un cycle de soirées dédiées à l'œuvre de Brecht, à l'occasion des 70 ans de sa mort. Réalisée par Serge Ristitch et Eric Villenfin, avec Delphine Lemer comme assistante, cette fiction radiophonique dure 1 heure et 54 minutes. Elle met en scène des comédiens comme Bernard Ballet, Philippe Morier-Genoud ou Dominique Reymond, et utilise des bruitages signés Bertrand Amiel. Le podcast est disponible sur le site de France Culture, dans la catégorie *Fictions Théâtre*, et s'appuie sur des références comme *La Vie de Galilée* ou *La Résistible ascension d'Arturo Ui* pour illustrer les concepts brechtiens.

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