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Environnement

« Des alliés du cancer » : les députés adoptent la loi d'urgence agricole, les opposants révoltés

Reporterre · mis à jour il y a 16 j

La loi d'urgence agricole, qui réintroduit des pesticides interdits et facilite la création de mégabassines et de fermes-usines, a été adoptée par les députés. Le soir même, un millier d'opposants ont dénoncé des « alliés du cancer ».

Loi d'urgence agricole

Les députés français ont adopté une loi d'urgence agricole le 20 juin 2024, présentée comme une réponse aux crises que traverse le secteur agricole. Cette loi vise à soutenir financièrement les agriculteurs en difficulté, notamment face à la hausse des coûts de production et à la concurrence internationale. Elle inclut des mesures comme des aides directes, des exonérations fiscales et des simplifications administratives. Les opposants critiquent cette loi, estimant qu'elle favorise les pratiques agricoles intensives et l'utilisation de pesticides, ce qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur la santé publique et l'environnement. Le texte a été adopté malgré l'opposition de plusieurs groupes politiques et associations écologistes.

Alliés du cancer

L'expression alliés du cancer fait référence à des substances ou pratiques qui pourraient augmenter les risques de développer un cancer. Dans cet article, elle est utilisée pour dénoncer l'impact potentiel des pesticides autorisés par la loi d'urgence agricole. Les opposants, comme l'association Générations Futures, soulignent que certains pesticides, notamment les néonicotinoïdes (une famille d'insecticides), sont suspectés d'être des perturbateurs endocriniens (substances qui interfèrent avec le système hormonal). Ces produits sont déjà interdits dans plusieurs pays européens en raison de leurs effets néfastes sur la santé. En France, leur usage reste autorisé dans certains cas, ce qui alimente les débats sur la protection des agriculteurs et des consommateurs.

Réactions des opposants

Les opposants à la loi d'urgence agricole, parmi lesquels des députés écologistes, des associations comme Générations Futures et des syndicats agricoles comme la Confédération paysanne, dénoncent une mesure qui, selon eux, sacrifie la santé publique au profit des intérêts économiques. Ils pointent du doigt les subventions publiques accordées aux agriculteurs utilisant des pesticides, estimant que cela encourage des pratiques dangereuses. Certains députés ont qualifié cette loi de cadeau aux lobbies agricoles, en référence aux pressions exercées par les industries agrochimiques. Les opposants réclament une agriculture plus respectueuse de l'environnement et de la santé, comme le préconise la stratégie Farm to Fork de l'Union européenne, qui vise à réduire de 50 % l'usage des pesticides d'ici 2030.

Contexte politique

L'adoption de cette loi s'inscrit dans un contexte politique tendu en France, où le gouvernement cherche à soutenir le secteur agricole, souvent en difficulté en raison de la baisse des revenus, des aléas climatiques et des réglementations environnementales. Le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, a défendu cette loi en soulignant son caractère d'urgence pour éviter des faillites dans le secteur. Cependant, les critiques rappellent que la France a déjà été condamnée par la Cour de justice de l'Union européenne en 2021 pour son non-respect des directives européennes sur les pesticides. Cette condamnation avait entraîné des sanctions financières pour l'État français.

Ce que ça pourrait changer

Les opposants à la loi s'appuient sur des études scientifiques pour alerter sur les risques sanitaires liés aux pesticides. Par exemple, une étude de l'*Inserm* (Institut national de la santé et de la recherche médicale) publiée en 2021 a montré un lien entre l'exposition aux pesticides et l'augmentation des cas de certains cancers, comme les *lymphomes non hodgkiniens* (un type de cancer du système lymphatique). En France, environ 400 000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués chaque année, et les pesticides sont pointés du doigt comme l'un des facteurs possibles. Les opposants demandent une révision des autorisations de mise sur le marché des pesticides, en s'appuyant sur le *principe de précaution* (une approche qui privilégie la protection de la santé et de l'environnement en cas de doute scientifique).

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